{"id":1709,"date":"2020-03-13T13:55:16","date_gmt":"2020-03-13T12:55:16","guid":{"rendered":"http:\/\/liremarx.noblogs.org\/?p=1709"},"modified":"2020-03-15T22:04:56","modified_gmt":"2020-03-15T21:04:56","slug":"la-necessite-de-la-crise-michael-heinrich-2009","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/liremarx.noblogs.org\/?p=1709","title":{"rendered":"La n\u00e9cessit\u00e9 de la crise, Michael Heinrich, 2009"},"content":{"rendered":"<h1 align=\"justify\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1243 alignleft\" src=\"https:\/\/liremarx.noblogs.org\/files\/2020\/03\/t\u00e9l\u00e9chargement.jpg\" alt=\"\" width=\"301\" height=\"167\" \/><\/h1>\n<p align=\"justify\">Paru dans <i>Neues Deutschland<\/i>, le 13\/03\/2009<\/p>\n<p align=\"justify\">Traduction I.J., le 13\/03\/2020<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>Dans cet article, Michael Heinrich pr\u00e9sente de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale l&rsquo;int\u00e9r\u00eat d&rsquo;un retour \u00e0 Marx pour expliquer les crises, mais surtout expose sa th\u00e8se de la crise comprise comme \u00ab\u00a0r\u00e9unification violente des deux sph\u00e8res\u00a0\u00bb de la production et de la consommation (pour plus de pr\u00e9cisions, voir l&rsquo;article Krisis und die Krise, bient\u00f4t disponible en fran\u00e7ais).<\/em><\/p>\n<p align=\"justify\">L\u2019amplification de la crise l\u2019ann\u00e9e pass\u00e9e a remis la personne et l\u2019\u0153uvre de Karl Marx sous les projecteurs. Tels que les chiffres des ventes de ses livres le montrent, cet int\u00e9r\u00eat cro\u00eet r\u00e9guli\u00e8rement depuis quelques ann\u00e9es. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne a atteint son apog\u00e9e avec la rupture de stock du <i>Capital<\/i> l&rsquo;automne dernier. Mais qu\u2019a-t-il donc encore \u00e0 nous dire sur la crise \u00e9conomique actuelle ? Cet int\u00e9r\u00eat nouveau n\u2019est-il pas simplement d\u00fb \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u00e9plorable dans lequel se trouvent les sciences \u00e9conomiques aujourd\u2019hui ?<\/p>\n<p align=\"justify\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"justify\">L\u2019\u00e9cole n\u00e9oclassique qui domine aujourd\u2019hui dans les universit\u00e9s a certes \u00e9labor\u00e9 des mod\u00e8les math\u00e9matiques toujours plus fignol\u00e9s, mais ce faisant, elle a largement perdu le contact avec les r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques. Ses mod\u00e8les standards ont pour point de d\u00e9part une \u00ab\u00a0concurrence pure\u00a0\u00bb, une transparence totale des informations, et <i>last but not least<\/i>, s\u2019appuient sur la \u00ab\u00a0loi de Say\u00a0\u00bb critiqu\u00e9e par Marx. Cette derni\u00e8re affirme que toute offre provoque une demande correspondante puisque la production du bien mis sur le march\u00e9 cr\u00e9erait, d\u2019une part une demande de produits n\u00e9cessaires \u00e0 sa fabrication, et d\u2019autre part fournirait un revenu plus \u00e9lev\u00e9 \u00e0 ses producteurs. Dans de telles conditions, les crises ne peuvent en fait pas survenir. Si elles apparaissent malgr\u00e9 tout, cela ne peut que provenir du comportement \u00ab\u00a0irrationnel\u00a0\u00bb des acteurs et de chocs \u00ab\u00a0ext\u00e9rieurs\u00a0\u00bb (c\u2019est-\u00e0-dire, ext\u00e9rieurs au syst\u00e8me marchand). Confront\u00e9e \u00e0 une crise \u00e9conomique et financi\u00e8re profonde, la doctrine n\u00e9oclassique dominante se trouve compl\u00e8tement d\u00e9munie\u00a0: elle ne peut ni expliquer la crise, ni non plus proposer des mesures qui pourraient permettre de la r\u00e9sorber. Impossible d\u2019\u00e9galer la vacuit\u00e9 des analyses de ses repr\u00e9sentants\u00a0: la crise devrait bient\u00f4t passer, on ne sait seulement pas quand, comme le disait l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re Wolfgang Franz, pr\u00e9sident du \u00ab\u00a0conseil des experts\u00a0\u00bb du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral.<\/p>\n<p align=\"justify\">De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, les keyn\u00e9siens paraissent mieux s\u2019en sortir. Ils s\u2019en remettent \u00e0 l\u2019\u00c9tat qui poss\u00e9derait lui seul le pouvoir \u00e9conomique de compenser la chute de la demande. L\u2019explication de la crise n\u2019en reste pas moins tr\u00e8s faible, pr\u00e9supposant la plupart du temps que l\u2019\u00c9tat n\u2019a pas, par le pass\u00e9, jou\u00e9 son r\u00f4le compensatoire, et que cela aurait men\u00e9 \u00e0 une accumulation de d\u00e9s\u00e9quilibres.<\/p>\n<p align=\"justify\">Si Marx doit intervenir dans ces d\u00e9bats, il est n\u00e9cessaire de se demander tout d\u2019abord de quel Marx il s\u2019agit. Des d\u00e9cennies durant, l\u2019\u0153uvre de Marx n\u2019a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e dans les \u00ab\u00a0pays socialistes\u00a0\u00bb que comme un r\u00e9servoir de formules toutes faites, permettant de justifier ou bien des choix politiques, ou bien ce que l\u2019on entendait par \u00ab\u00a0construction du socialisme\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s avoir pris des d\u00e9cisions, on cherchait la citation qui allait bien pour faire office de d\u00e9coration. Mais le \u00ab\u00a0marxisme\u00a0\u00bb compris comme une id\u00e9ologie totale, qui aurait d\u00e9j\u00e0 une r\u00e9ponse \u00e0 toutes les questions, est bien \u00e9loign\u00e9 de Marx. Lorsque son gendre Paul Lafargue l\u2019informa des \u00e9volutions du \u00ab\u00a0marxisme\u00a0\u00bb en France, Marx s\u2019emporta et d\u00e9clara \u00ab\u00a0Je ne suis pas marxiste\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Marx a d\u00e9velopp\u00e9 une analyse critique du capitalisme, comme l\u2019indiquent le titre et le sous-titre de son \u0153uvre majeure\u00a0: \u00ab\u00a0Le Capital. Critique de l\u2019\u00e9conomie politique\u00a0\u00bb. Il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 rare que cette critique ait \u00e9t\u00e9 comprise comme \u00e9tant morale, comme une critique de \u00ab\u00a0l\u2019injustice\u00a0\u00bb de l\u2019exploitation capitaliste des travailleuses et des travailleurs. Cette critique morale trouve une certaine r\u00e9sonance aujourd\u2019hui gr\u00e2ce aux revenus exorbitants des managers et aux millions de d\u00e9dommagements accord\u00e9s aux banquiers qui ont provoqu\u00e9 la perte de milliards qu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent les contribuables doivent rembourser. Mais la plupart du temps, on en reste l\u00e0. Or il ne s\u2019agissait pas pour Marx de faire une telle critique morale. Dans le <i>Capital<\/i> justement, il raillait ces socialistes qui cherchaient \u00e0 critiquer le capitalisme \u00e0 l\u2019aide d\u2019id\u00e9aux d\u2019\u00e9galit\u00e9 et des normes morales. L\u2019intention de Marx \u00e9tait bien plut\u00f4t de proc\u00e9der \u00e0 une analyse scientifique du fonctionnement du capitalisme. Il souhaitait, comme il le formule dans la Pr\u00e9face du <i>Capital<\/i>, \u00ab\u00a0parvenir \u00e0 la connaissance de la loi d\u2019\u00e9volution \u00e9conomique de la soci\u00e9t\u00e9 moderne\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>. Par ce travail scientifique, il se promettait une efficacit\u00e9 politique redoutable\u00a0: le <i>Capital<\/i>, \u00e9crivait-il dans une lettre, devait \u00eatre \u00ab\u00a0certainement le plus terrible missile qui ait encore jamais \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 \u00e0 la face des bourgeois\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a>. Il r\u00e9sulte en effet de l\u2019analyse de Marx que la production capitaliste de richesse ne porte en elle aucun vivre ensemble harmonieux des classes sociales, ni aucune harmonie des int\u00e9r\u00eats. Marx a tent\u00e9 de montrer par des moyens scientifiques que le d\u00e9veloppement capitaliste de la technique et des potentialit\u00e9s productives \u00e9tait n\u00e9cessairement un processus destructeur, qui, comme il l\u2019\u00e9crit dans le premier livre du <i>Capital<\/i>, pille les sources durables de toute richesse\u00a0: le sol et le travailleur<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a>. Ce n\u2019est donc pas pour des raisons morales que Marx s\u2019attendait \u00e0 une r\u00e9volte contre le mode de production capitaliste, mais par l\u2019observation que ce mode de production allait toujours nuire plus aux int\u00e9r\u00eats vitaux \u00e9l\u00e9mentaires de la majorit\u00e9 de la population.<\/p>\n<p align=\"justify\">C\u2019est justement la qualit\u00e9 scientifique de l\u2019argumentation de Marx qui est aujourd\u2019hui disput\u00e9e. La discipline appel\u00e9e \u00ab\u00a0\u00e9conomie nationale\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a> croit pouvoir renoncer compl\u00e8tement \u00e0 Marx. Il en est de m\u00eame en sociologie et en sciences politiques o\u00f9 la th\u00e9orie marxienne se trouve rel\u00e9gu\u00e9e \u00e0 la marge. Or les diverses \u00ab\u00a0r\u00e9futations\u00a0\u00bb que l\u2019on avait formul\u00e9es \u00e0 la th\u00e9orie marxienne \u2013\u00a0en particulier pendant la p\u00e9riode du \u00ab\u00a0miracle \u00e9conomique\u00a0\u00bb\u00a0\u2013 affirmaient que le capitalisme allait \u00e0 pr\u00e9sent se d\u00e9velopper sans crise et que le standard de vie des salari\u00e9s allait constamment augmenter, sont difficiles \u00e0 entendre aujourd\u2019hui. Cependant, une autre objection semble, au moins au premier abord, \u00eatre plausible\u00a0: l\u2019\u00e2ge de l\u2019analyse de Marx. Ce que Marx avait identifi\u00e9 il y a 140 ans peut-il encore avoir une quelconque validit\u00e9 aujourd\u2019hui aux vues des \u00e9normes changements qui ont eu lieu depuis\u00a0? On peut r\u00e9pondre que l\u2019objet d\u2019analyse de Marx n\u2019\u00e9tait en aucun cas le capitalisme anglais du 19\u00e8me si\u00e8cle. Si cela avait \u00e9t\u00e9 le cas, alors ces critiques seraient justes. Dans la Pr\u00e9face du <i>Capital<\/i>, Marx pr\u00e9cisait bien que ce capitalisme anglais contemporain \u2013\u00a0en son temps la forme la plus aboutie du capitalisme\u00a0\u2013 servait d\u2019illustration \u00e0 son expos\u00e9 th\u00e9orique. Marx r\u00e9sume ce qu&rsquo;il s&rsquo;agit pour lui de faire \u00e0 la fin du Livre III du <i>Capital<\/i>, exposer \u00ab\u00a0l\u2019organisation interne du mode de production capitaliste, pour ainsi dire, dans sa moyenne id\u00e9ale\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a>. Non pas une de ses formes historiques, mais ce qui fait que le capitalisme est le capitalisme, ce qui lui appartient de mani\u00e8re n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p align=\"justify\">Et en son temps, Marx \u00e9tait arriv\u00e9 assez loin dans ces recherches. Ce qu\u2019il analysait dans le premier livre du <i>Capital<\/i> comme la \u00ab\u00a0production de la plus-value relative\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire le lien entre le d\u00e9veloppement capitaliste des forces productives, la chute de la valeur de la marchandise force de travail, et avec elle l\u2019augmentation de la plus-value, n\u2019est effectif que si la masse des moyens de subsistance et biens de consommation utilis\u00e9s par les travailleuses et les travailleurs sont produits de mani\u00e8re capitaliste. C\u2019est seulement \u00e0 ce moment-l\u00e0 que l\u2019augmentation des forces productives a les effets que Marx identifie. Et ceci ne fut le cas qu\u2019au 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle avec le \u00ab\u00a0fordisme\u00a0\u00bb, la production en masse de biens de consommation, qui modifia fondamentalement la consommation de la classe laborieuse.<\/p>\n<p align=\"justify\">Il en est de m\u00eame pour l\u2019analyse (non termin\u00e9e) par Marx du syst\u00e8me de cr\u00e9dit dans le livre III du <i>Capital<\/i> qui para\u00eet encore plus actuelle qu\u2019au 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Marx n\u2019a pas seulement montr\u00e9 qu\u2019une \u00e9conomie capitaliste ne peut se d\u00e9velopper qu\u2019avec un syst\u00e8me financier\u00a0; dans son analyse du \u00ab\u00a0capital fictif\u00a0\u00bb, il d\u00e9montre comment les march\u00e9s financiers sur lesquels se vendent les \u00ab\u00a0pr\u00e9visions\u00a0\u00bb sur de futurs profits, tendent ainsi \u00e0 tout multiplier par deux ou trois\u00a0: faire des pr\u00e9visions sur les pr\u00e9visions, transformer les dettes en circulation de nouveau capital, et construire ainsi d\u2019immenses pyramides de cr\u00e9dit qui au bout d\u2019un certain temps s\u2019effondrent.<\/p>\n<p align=\"justify\">Marx a cependant analys\u00e9 avant tout la dynamique de crise du mode de production capitaliste, et a formul\u00e9 ainsi une th\u00e9orie v\u00e9ritablement alternative \u00e0 la th\u00e9orie \u00e9conomique dominante. Le capitalisme moderne n\u2019est pas simplement le mode de production le plus dynamique de l\u2019histoire humaine, celui qui a men\u00e9 \u00e0 un d\u00e9veloppement encore jamais atteint des forces productives, puisque sa dynamique est contenue par une finalit\u00e9 born\u00e9e, la maximisation du profit. La tendance inh\u00e9rente \u00e0 la crise est d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9e par cette d\u00e9termination fondamentale du capitalisme en ce que la maximisation du profit contient une contradiction fondamentale\u00a0: entre, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, le d\u00e9veloppement des forces productives, et avec lui l\u2019\u00e9largissement de la production, et d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, la limitation des possibilit\u00e9s sociales de consommation de cette production, autant du fait de la r\u00e9duction du nombre de forces de travail au strict minimum, que par la pression exerc\u00e9e sur les salaires. Cette \u00e9cart entre l\u2019extension de la production et celle de la consommation de la soci\u00e9t\u00e9 peut cependant \u00eatre combl\u00e9 par les investissements des entreprises capitalistes. Mais ces investissements n\u2019ont lieu que s\u2019il est possible d\u2019escompter des profits futurs \u00e9lev\u00e9s et surtout quand ces profits \u00e0 venir se r\u00e9v\u00e8lent plus \u00e9lev\u00e9s que les gains qui sont pronostiqu\u00e9s sur les march\u00e9s financiers. Ces deux conditions ne sont cependant jamais remplies, de telle sorte que les \u00e9carts entre production et consommation se rencontrent violemment sous forme de crises. Dans une \u00e9conomie capitaliste, les crises ne proviennent pas de perturbations \u00ab\u00a0ext\u00e9rieures\u00a0\u00bb, ou d\u2019accidents industriels qui pourraient en principe \u00eatre \u00e9vit\u00e9s\u00a0; les crises sont toujours \u00e0 nouveau produites par le capitalisme lui-m\u00eame. Les crises sont alors destructrices aussi bien pour les nombreux individus qui perdent leur travail, que pour les nombreuses entreprises qui font faillite. Et c\u2019est pourquoi les crises ont pour l\u2019\u00e9conomie capitaliste, dans l\u2019ensemble, une fonction productive\u00a0: avec les entreprises qui ont fait faillite, les capacit\u00e9s excessives de production disparaissent\u00a0; par l\u2019augmentation du nombre de ch\u00f4meurs, les salaires peuvent \u00eatre plus ais\u00e9ment baiss\u00e9s, et ces deux ph\u00e9nom\u00e8nes am\u00e9liorent la profitabilit\u00e9 des entreprises qui n\u2019ont pas fait faillite, alors que dans le m\u00eame temps, le combat \u00e0 mort entre les entreprises permet de lutter contre des structures qui ne sont pas assez productives. Ainsi, les grandes crises \u00e9conomiques m\u00e8nent r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 des sursauts d\u2019innovation et de modernisation\u00a0: le capitalisme ne porte pas seulement, en soi, la n\u00e9cessit\u00e9 de la crise, il en a aussi cruellement besoin pour poursuivre son d\u00e9veloppement. C\u2019est pour ces raisons que l\u2019analyse de Marx est incontournable afin de saisir ces ph\u00e9nom\u00e8nes.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a><i>Le Capital<\/i>, Livre I, PUF, p. 6.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a>Cf. K. Marx \u00e0 J. Ph.\u00a0Becker, le 17 avril 1867. Et pour qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas de doute sur l&rsquo;efficacit\u00e9 de ce missile : sur le plan th\u00e9orique, le\u00a0Capital\u00a0porte \u00e0 la bourgeoisie \u00ab\u00a0 un coup dont elle ne se rel\u00e8vera jamais. \u00a0\u00bb Cf. K. Marx \u00e0 K. Klings, 4 octobre 1864, in :\u00a0Lettres sur \u00ab\u00a0 le Capital\u00a0\u00a0\u00bb, pr\u00e9sent\u00e9es et annot\u00e9es par G. Badia, Paris, Ed. Soc., 1964, p. 144.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a> \u00ab\u00a0Et tout progr\u00e8s de l&rsquo;agriculture capitaliste est non seulement un progr\u00e8s dans l&rsquo;art de piller le travailleur, mais aussi dans l&rsquo;art de piller le sol\u00a0; tout progr\u00e8s dans l&rsquo;accroissement de sa fertilit\u00e9 pour un laps de temps donn\u00e9 est en m\u00eame temps un progr\u00e8s de la ruine des sources durables de cette fertilit\u00e9.\u00a0\u00bb (<i>Le Capital<\/i>, Livre I, PUF, p. 566)<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a><i>V<\/i><span lang=\"fr-FR\"><i>olkswirtschaftslehre<\/i><\/span><span lang=\"fr-FR\">, <\/span><span lang=\"fr-FR\">discipline<\/span><span lang=\"fr-FR\"> enseign\u00e9e dans les universit\u00e9s allemandes.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a><i>Le Capital<\/i>, Livre III, Les revenus et leurs sources, chapitre XLVIII, \u00ab\u00a0La formule trinitaire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paru dans Neues Deutschland, le 13\/03\/2009 Traduction I.J., le 13\/03\/2020 Dans cet article, Michael Heinrich pr\u00e9sente de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale l&rsquo;int\u00e9r\u00eat d&rsquo;un retour \u00e0 Marx pour expliquer les crises, mais surtout expose sa th\u00e8se de la crise comprise comme \u00ab\u00a0r\u00e9unification violente &hellip; <a href=\"https:\/\/liremarx.noblogs.org\/?p=1709\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":14481,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[35,37,12,1,20],"tags":[],"class_list":["post-1709","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles","category-crise","category-economie","category-general","category-michael-heinrich"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/liremarx.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1709","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/liremarx.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/liremarx.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/liremarx.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/14481"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/liremarx.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1709"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/liremarx.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1709\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1790,"href":"https:\/\/liremarx.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1709\/revisions\/1790"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/liremarx.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1709"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/liremarx.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1709"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/liremarx.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1709"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}