{"id":1889,"date":"2020-03-29T10:46:42","date_gmt":"2020-03-29T08:46:42","guid":{"rendered":"http:\/\/liremarx.noblogs.org\/?p=1889"},"modified":"2020-03-29T10:46:42","modified_gmt":"2020-03-29T08:46:42","slug":"salaire-prix-et-profit-presentation-resume","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/liremarx.noblogs.org\/?p=1889","title":{"rendered":"Salaire, Prix et Profit, pr\u00e9sentation &#8211; r\u00e9sum\u00e9"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"n3VNCb alignleft\" src=\"https:\/\/www.babelio.com\/couv\/4776_aj_m_7360.jpeg\" alt=\"Salaire, prix et profit - Karl Marx - Babelio\" width=\"272\" height=\"379\" data-noaft=\"1\" \/>Salaire, Prix et Profit, <\/em>c\u2019est un petit bouquin d\u2019\u00e0 peine 70 pages qui ne paie pas de mine. Et pourtant, c\u2019est dans les grandes lignes de cet essai que Marx esquisse sa th\u00e9orie de la valeur\u00a0: <strong>toute<\/strong> <strong>la valeur vient du travail<\/strong>. Toute\u00a0? Toute\u00a0; pas un kopeck ne lui \u00e9chappe. Certes, mais \u00e0 quoi \u00e7a sert ? A d\u00e9montrer que <strong>le salariat, qui ne r\u00e9mun\u00e8re que partiellement le travail, ne se distingue du servage et de l\u2019esclavage que par sa forme historique<\/strong>. Comme mode d\u2019exploitation, il est impossible pour un socialiste de pr\u00e9tendre l\u2019am\u00e9liorer\u00a0: la seule alternative est son abolition.<\/p>\n<p align=\"justify\">On fr\u00e9tille d\u2019avance de savoir comment Marx parvient en quelques pages \u00e0 vaincre les d\u00e9mons r\u00e9formistes et les trade-unions \u00e0 courte-vue. Ce n\u2019est pourtant pas si compliqu\u00e9\u2026<\/p>\n<p align=\"justify\"><a href=\"https:\/\/upc.ouvaton.org\/upc\/blog\/2018\/12\/17\/salaire-prix-et-profit\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Du site de l&rsquo;Union pour le Communisme<\/a><\/p>\n<p align=\"justify\"><!--more--><\/p>\n<h2 class=\"western\" align=\"justify\"><a name=\"1_loffre_et_la_demande_sont_une_belle_arnaque\"><\/a> <strong>1\/ L\u2019offre et la demande sont une belle arnaque<\/strong><\/h2>\n<p align=\"justify\">Tout le monde l\u2019a d\u00e9j\u00e0 entendu au moins une fois dans sa vie\u00a0: la valeur d\u2019une marchandise se d\u00e9termine par la loi de l\u2019offre et de la demande\u00a0; plus une marchandise est r\u00e9clam\u00e9e, plus son prix monte\u00a0; plus elle est courante, moins elle est ch\u00e8re. Mais que se passe-t-il quand l\u2019offre et la demande s\u2019\u00e9quilibrent\u00a0? Pour Marx, on atteint le \u00ab\u00a0prix naturel\u00a0\u00bb de la marchandise, qui co\u00efncide avec sa valeur. La grande erreur des lib\u00e9raux est d\u2019avoir confondu le prix, qui fluctue en fonction de l\u2019offre et de la demande, avec la valeur de la marchandise, qui, elle, reste fixe, toutes choses \u00e9gales par ailleurs. La loi de l\u2019offre et de la demande ne fait qu\u2019expliquer la variation des prix\u00a0; pas la valeur des marchandises.\u00a0 <strong>\u00ab\u00a0L\u2019offre et la demande ne r\u00e8glent pas autre chose que les fluctuations momentan\u00e9es du march\u00e9\u00a0\u00bb<\/strong>, \u00e9crit Marx.<\/p>\n<h2 class=\"western\" align=\"justify\"><a name=\"2_le_mystere_de_la_valeur\"><\/a> <strong>2\/ Le myst\u00e8re de la valeur<\/strong><\/h2>\n<p align=\"justify\">Qu\u2019en est-il alors de la valeur\u00a0? Pour Marx, c\u2019est le grand myst\u00e8re de l\u2019\u00e9conomie politique. Il existe bien quelques \u00ab\u00a0\u00e9conomistes en retraite\u00a0\u00bb pour expliquer que la valeur est d\u00e9termin\u00e9e par le prix des salaires\u00a0; mais personne ne sait d\u2019o\u00f9 vient la valeur des salaires eux-m\u00eames. <strong>\u00ab\u00a0L\u2019assertion selon laquelle \u00ab\u00a0les salaires d\u00e9terminent les prix des marchandises\u00a0\u00bb revient \u00e0 ceci, \u00ab\u00a0la valeur est d\u00e9termin\u00e9e par la valeur\u00a0\u00bb, et cette tautologie signifie en fait que nous ne savons rien de la valeur\u00a0\u00bb<\/strong>. <strong>Les salaires ne d\u00e9terminent pas la valeur<\/strong>\u00a0; pour cette raison, il serait stupide de consid\u00e9rer que la valeur d\u2019une marchandise est le salaire auquel s\u2019ajoutent des pourcentages de profit et de rente.<\/p>\n<p align=\"justify\">Mais alors, d\u2019o\u00f9 vient la valeur si ce n\u2019est des salaires\u00a0? Pour cela, <strong>\u00ab\u00a0il faut nous demander quelle est la <\/strong><em>substance sociale commune<\/em><strong> \u00e0 toute les marchandises\u00a0\u00bb<\/strong>, trouver quelque chose que toutes les marchandises aient en commun et qui permette de les situer les unes par rapport aux autres. Pour Marx, cela ne fait aucun doute\u00a0: <strong>\u00ab\u00a0c\u2019est le travail\u00a0\u00bb<\/strong>. Explication\u00a0:<\/p>\n<p align=\"justify\">Lorsque l\u2019ouvrier travaille une heure pour cr\u00e9er une marchandise, on dira que ce produit cristallise une heure de travail\u00a0; et la valeur de cette marchandise sera celle d\u2019une heure de travail. <strong>\u00ab\u00a0Naturellement, pour se servir de cette mesure, on ram\u00e8nera tous les genres de travail au travail moyen\u00a0\u00bb<\/strong>, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019on consid\u00e8re la moyenne du taux de productivit\u00e9 dans un contexte social donn\u00e9. La valeur des marchandises varie ensuite en fonction de l\u2019apparition de nouvelles technologies qui rendent le travail plus productif (et qui permettent plus de production en une heure de travail), ou de difficult\u00e9s qui rendent le travail moins productif (comme l\u2019appauvrissement des terres, par exemple).<\/p>\n<p align=\"justify\">En bref, ce raisonnement permet \u00e0 Marx d\u2019arriver \u00e0 \u00e9noncer la loi \u00e9conomique suivante\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Les valeurs des marchandises sont directement proportionnelles au temps de travail employ\u00e9 \u00e0 leur production, et inversement proportionnelles \u00e0 la force productive du travail employ\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<h2 class=\"western\" align=\"justify\"><a name=\"3lorsquon_vend_les_marchandises_a_leur_valeur_on_forme_de_la_plus-value\"><\/a> <strong>3\/Lorsqu\u2019on vend les marchandises \u00e0 leur valeur, on forme de la plus-value<\/strong><\/h2>\n<p align=\"justify\">La conversion de la valeur en prix est simplement le proc\u00e9d\u00e9 par lequel on exprime les valeurs des diff\u00e9rents objets comme des quantit\u00e9s variables d\u2019un m\u00eame travail social. Les objets, en dehors des fluctuations de l\u2019offre et de la demande, se retrouvent donc sur le march\u00e9 \u00e0 un prix proche de leur valeur r\u00e9elle. Aussi, encha\u00eene Marx \u2013et c\u2019est l\u00e0 tout le n\u0153ud du probl\u00e8me- \u00ab\u00a0il est absurde de supposer que le profit (\u2026) provient d\u2019une <em>majoration<\/em> du prix des marchandises\u00a0\u00bb, puisque ces marchandises sont vendues la plupart du temps \u00e0 des prix proches de leur valeur r\u00e9elle\u00a0: <em>\u00ab\u00a0les profits proviennent du fait qu\u2019on vend les marchandises \u00e0 leur valeur.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p align=\"justify\">Pour comprendre cela, il faut revenir \u00e0 la source du probl\u00e8me\u00a0: le travail. Quand on prend n\u2019importe quelle marchandise, sa valeur \u00e9quivaut \u00e0 la quantit\u00e9 totale du travail contenu dedans\u00a0: par exemple, pour un pull\u00a0: la quantit\u00e9 de travail n\u00e9cessaire pour obtenir la mati\u00e8re premi\u00e8re + la quantit\u00e9 de travail n\u00e9cessaire de l\u2019ouvrier qui a assembl\u00e9 le pull + la quantit\u00e9 de travail n\u00e9cessaire \u00e0 construire les machines qui permettent de tisser le pull, divis\u00e9e par le nombre de pulls qu\u2019elles produisent. Et voil\u00e0 la valeur totale de mon pull. Et c\u2019est la m\u00eame chose pour la force de travail\u00a0: sa valeur \u00e9quivaut \u00e0 la valeur que l\u2019ouvrier consomme chaque jour en produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9\u00a0: la valeur totale de sa force de travail est la valeur de ce qu\u2019il mange, de ce qu\u2019il s\u2019habille, voire la valeur qu\u2019il consomme en formation, etc. <strong>L\u2019ouvrier ne vend pas son travail au capitaliste\u00a0: il vend cette force de travail<\/strong>, et c\u2019est la valeur de cette force de travail que le capitaliste lui paie.<\/p>\n<p align=\"justify\">Mais admettons que le total de ce que l\u2019ouvrier consomme chaque jour en produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 corresponde \u00e0 5heures de travail en moyenne (qu\u2019il ait fallu 5 heures par jour pour produire sa nourriture, ses v\u00eatements, etc.). La valeur de la force de travail de l\u2019ouvrier \u00e9quivaut \u00e0 celle de ces 5 heures de travail. Le capitaliste lui paiera donc la valeur de ces cinq heures (s\u2019il lui payait moins, l\u2019ouvrier finirait par d\u00e9c\u00e9der), mais tout en le faisant travailler dix heures\u00a0: <strong>\u00ab\u00a0La quantit\u00e9 de travail qui limite la valeur de la force de travail de l\u2019ouvrier ne constitue en aucun cas la limite de la quantit\u00e9 de travail que peut ex\u00e9cuter sa force de travail\u00a0\u00bb.<\/strong> Il y a donc cinq heures de \u00ab\u00a0surtravail\u00a0\u00bb, non-pay\u00e9es \u00e0 l\u2019ouvrier, et qui vont repr\u00e9senter la plus-value. <strong>\u00ab\u00a0Le <\/strong><em>taux de la plus-value<\/em><strong>, toutes circonstances \u00e9gales d\u2019ailleurs, d\u00e9pendra du rapport entre la partie de la journ\u00e9e de travail, qui est n\u00e9cessaire pour renouveler la valeur de la force de travail, et le <\/strong><em>surtravail<\/em><strong> ou <\/strong><em>temps employ\u00e9 en plus<\/em><strong> pour le capitaliste.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<h2 class=\"western\" align=\"justify\"><a name=\"4_le_salariat_une_belle_arnaque_du_capitalisme\"><\/a> <strong>4\/ Le salariat, une belle arnaque du capitalisme<\/strong><\/h2>\n<p align=\"justify\">L\u2019ouvrier a tendance \u00e0 penser qu\u2019il le prix pay\u00e9 pour sa seule force de travail est le prix g\u00e9n\u00e9ral de son travail. Il n\u2019a donc pas l\u2019impression de travailler gratos la moiti\u00e9 de sa journ\u00e9e. \u00ab\u00a0<em>La valeur ou le prix de la force de travail prend l\u2019apparence ext\u00e9rieure du prix ou de la valeur du travail lui-m\u00eame<\/em>, bien que, rigoureusement parlant, le terme de valeur ou de prix du travail n\u2019ait aucun sens.\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0\u00e0 la base du syst\u00e8me du salariat, m\u00eame le travail <em>non pay\u00e9<\/em> semble \u00eatre du travail <em>pay\u00e9<\/em>.\u00a0\u00bb La seule diff\u00e9rence avec l\u2019esclavage, estime Marx, c\u2019est que l\u2019esclave a l\u2019impression de travailler pour rien, alors qu\u2019on lui assure le renouvellement de sa force de travail, tandis que le salari\u00e9 \u00e0 l\u2019impression d\u2019\u00eatre pay\u00e9. En r\u00e9alit\u00e9, la seule diff\u00e9rence avec le serf qui travaillait trois jours sur son champ puis trois jours gratuitement sur le champ de son seigneur, c\u2019est une diff\u00e9rence spatio-temporelle\u00a0: dans une journ\u00e9e de travail, le salari\u00e9 a travaill\u00e9 un certain temps pay\u00e9 et un autre temps non-pay\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pourtant, m\u00eame quand il\u00a0 n\u2019est plus pay\u00e9, il continue de \u00ab\u00a0cristalliser\u00a0\u00bb dans la marchandise qu\u2019il produit la valeur de son travail. C\u2019est pourquoi en vendant une marchandise \u00e0 sa valeur, le capitaliste r\u00e9alise son profit, puisqu\u2019il ne paie \u00e0 l\u2019ouvrier qu\u2019une partie de cette valeur.\u00a0Son profit lui permet ensuite de payer ses int\u00e9r\u00eats, son loyer\u00a0: ainsi, rente, profit et int\u00e9r\u00eat ne s\u2019ajoutent pas aux salaires pour constituer le prix\u00a0; ils sont la partie de la valeur non-pay\u00e9e au salari\u00e9. <strong>\u00ab\u00a0La <\/strong><em>plus-value<\/em><strong>, c\u2019est-\u00e0-dire la partie de la valeur totale des marchandises dans laquelle est incorpor\u00e9e le <\/strong><em>surtravail<\/em><strong>, le <\/strong><em>travail non-pay\u00e9 <\/em><strong>de l\u2019ouvrier, je l\u2019appelle <\/strong><em>le profit<\/em><strong>.\u00a0\u00bb<\/strong> A noter que le rapport entre salaires et profit peut varier\u00a0: plus on paie l\u2019ouvrier au-dessus de la valeur de sa force de travail, moins le capitaliste a de profit \u00e0 se mettre sous la dent, puisque les marchandises restent en moyenne vendues \u00e0 leur valeur.<\/p>\n<p align=\"justify\"><a name=\"5pour_conclure\"><\/a><strong>5\/Pour conclure\u2026<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Marx condamne en fait le principe du syndicat, qui serait simplement d\u2019augmenter les salaires en pensant faire ainsi chuter le taux de profit de patron\u00a0; c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019am\u00e9nager le salariat afin qu\u2019il soit plus profitable \u00e0 l\u2019ouvrier. Mais le salariat est la forme d\u2019exploitation du prol\u00e9tariat\u00a0: il ne faut pas travailler \u00e0 son am\u00e9nagement, mais \u00e0 son abolition. Laissons la conclusion \u00e0 Marx lui-m\u00eame, et \u00e0 la derni\u00e8re proposition de son ouvrage\u00a0:<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab\u00a0Les trade-unions agissent utilement en tant que centres de r\u00e9sistance aux empi\u00e8tement du capital. Elles manquent en partie leur but d\u00e8s qu\u2019elles font un emploi peu judicieux de leur puissance. Elles manquent enti\u00e8rement leur but d\u00e8s qu\u2019elles se bornent \u00e0 une guerre d\u2019escarmouches contre les effets du r\u00e9gime existant, au lieu de travailler en m\u00eame temps \u00e0 sa transformation et de se servir de leur force organis\u00e9e comme d\u2019un levier pour l\u2019\u00e9mancipation d\u00e9finitive de la classe travailleuse, c\u2019est-\u00e0-dire pour l\u2019abolition d\u00e9finitive du salariat.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Salaire, Prix et Profit, c\u2019est un petit bouquin d\u2019\u00e0 peine 70 pages qui ne paie pas de mine. 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