{"id":331,"date":"2020-03-05T11:12:24","date_gmt":"2020-03-05T10:12:24","guid":{"rendered":"https:\/\/dusansamuel.wordpress.com\/?p=331"},"modified":"2020-03-15T21:52:36","modified_gmt":"2020-03-15T20:52:36","slug":"la-science-de-la-valeur-michael-heinrich-presentation-de-loeuvre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/liremarx.noblogs.org\/?p=331","title":{"rendered":"La science de la valeur de Michael Heinrich. Pr\u00e9sentation."},"content":{"rendered":"<h1 align=\"CENTER\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-913 alignleft\" src=\"https:\/\/liremarx.noblogs.org\/files\/2019\/08\/wissenschaft-212x300.jpg\" alt=\"\" width=\"212\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/liremarx.noblogs.org\/files\/2019\/08\/wissenschaft-212x300.jpg 212w, https:\/\/liremarx.noblogs.org\/files\/2019\/08\/wissenschaft.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 212px) 100vw, 212px\" \/> <b><i><\/i><\/b><\/h1>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"CENTER\">Die Wissenschaft vom Wert. Die Marsxsche Kritik der politischen \u00d6konime zwischen wissenschaftliche Revolution und klassischen Tradition,<\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" style=\"text-align: left\" align=\"CENTER\">Par I. J.<\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\">Le livre <i>La science de la valeur<\/i> de Michael Heinrich est le r\u00e9sultat de travaux r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 la fin des ann\u00e9es 80 qui avaient pour objectif de r\u00e9pondre au regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat que connut le marxisme apr\u00e8s la vague de contestation \u00e9tudiante des ann\u00e9es 60. Malgr\u00e9 la mise en place de nombreux cercles de lecture et de groupes de recherche en \u00e9conomie marxiste, mais aussi de l&rsquo;utilisation alors r\u00e9pandue des cat\u00e9gories marxiennes de l&rsquo;\u00e9conomie politique, force \u00e9tait de constater que la r\u00e9ception de l\u2019\u0153uvre de Marx restait plut\u00f4t restreinte. Si des cat\u00e9gories marxiennes \u00e9taient appliqu\u00e9es pour rendre compte du d\u00e9veloppement ou de la d\u00e9su\u00e9tude du mode de production capitaliste, elles \u00e9taient utilis\u00e9es sans \u00e9gard \u00e0 ce qui pour Michael Heinrich constitue un \u00e9l\u00e9ment essentiel de la m\u00e9thode de lecture du <i>Capital <\/i>qu&rsquo;il propose : toujours attacher une importance extr\u00eame au niveaux d&rsquo;abstraction et au contexte argumentatif respectif de chacune de ces cat\u00e9gories<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><!--more--><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\">Dans les ann\u00e9es 60, le retour \u00e0 Marx se traduit alors politiquement par une repr\u00e9sentation bien particuli\u00e8re du r\u00f4le du prol\u00e9tariat et de l&rsquo;\u00e9volution des contradictions du capitalisme. Il fut alors consid\u00e9r\u00e9 que si les travailleurs parvenaient \u00e0 saisir ce qu&rsquo;\u00e9taient leurs \u00ab\u00a0int\u00e9r\u00eats objectifs\u00a0\u00bb, mais aussi que si toutes les promesses d&rsquo;am\u00e9lioration des conditions de vie \u00e9taient d\u00e9truites par la prochaine crise \u00e9conomique, les contradictions sociales s&rsquo;approfondiraient et se radicaliseraient. Cette compr\u00e9hension du processus r\u00e9volutionnaire, qualifi\u00e9e par Michael Heinrich de \u00ab\u00a0croyance\u00a0\u00bb (<i>Glaube<\/i>), subira l&rsquo;affront de la r\u00e9alit\u00e9\u00a0: la crise de 1974\/75 ne fut pas l&rsquo;occasion de l&rsquo;apparition de ces dynamiques de radicalisation. Le plus grave cependant est que, ce faisant, le lien \u00e9tabli entre ces analyses et le marxisme, aussi mince ou inexistant soit-il, eut pour cons\u00e9quence que de jeter le discr\u00e9dit sur ce dernier et qu&rsquo;il entra en une crise profonde. Ceci provoqua un \u00e9loignement large et massif du marxisme. Il en fut de m\u00eame en \u00e9conomie o\u00f9 il ne semblait pas pouvoir r\u00e9soudre des probl\u00e8mes formels comme celui de la transformation de la valeur en prix.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span lang=\"fr-FR\">C&rsquo;est pourquoi les travaux de Michael Heinrich s&rsquo;adressent aux diverses th\u00e9ories se pla\u00e7ant en rupture avec le marxisme. Mais c&rsquo;est aussi et surtout contre les \u00ab\u00a0m\u00e9sinterpr\u00e9tations\u00a0\u00bb qu&rsquo;il fallait alors r\u00e9agir puisqu&rsquo;elles gangrenaient alors le marxisme lui-m\u00eame. Et c&rsquo;est en \u00e9tant convaincu que toute m\u00e9sinterpr\u00e9tation a son fondement dans le texte interpr\u00e9t\u00e9 (ou que si elle n&rsquo;en a pas, elle est absurde, ce qui peut tout aussi arriver) que Michael Heinrich se place \u00e0 la hauteur de ce que doit \u00eatre une discussion scientifique\u00a0: C&rsquo;est bien en partant de l&rsquo;id\u00e9e que m\u00eame les m\u00e9sinterpr\u00e9tations ont une justification possible que l&rsquo;auteur estime n\u00e9cessaire de les confronter avec le texte lui-m\u00eame. Il s&rsquo;agit alors de bien identifier ce qui dans le texte de Marx peut constituer de v\u00e9ritables <\/span><span lang=\"fr-FR\"><i>inconsistances, <\/i><\/span><span lang=\"fr-FR\">pouvant faire l&rsquo;objet de critiques justifi\u00e9es, mais aussi de d\u00e9terminer<\/span><span lang=\"fr-FR\"> de quelle mani\u00e8re on doit traiter ces inconsistances.<\/span><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a> En effet, il est primordial pour Michael Heinrich de se poser la question\u00a0: comment traite-t-on ces inconsistances <\/span><span lang=\"fr-FR\"><i>sans qu&rsquo;elles soient pour autant assimil\u00e9es \u00e0 la fin de la critique de l&rsquo;\u00e9conomie politique\u00a0? <\/i><\/span><span lang=\"fr-FR\">Or, pour ce faire, il appara\u00eet essentiel \u00e0 Michael Heinrich de resituer l\u2019\u0153uvre de Marx dans le changement de paradigme de la th\u00e9orie \u00e9conomique du 19\u00e8me si\u00e8cle. Avec la th\u00e9orie de l&rsquo;utilit\u00e9 marginale et l&rsquo;insertion de m\u00e9thodes math\u00e9matiques, ce n&rsquo;est pas, selon lui, seulement un glissement qui s&rsquo;op\u00e8re dans le <\/span><span lang=\"fr-FR\"><i>contenu<\/i><\/span><span lang=\"fr-FR\"> de la th\u00e9orie \u00e9conomique, mais au sein m\u00eame des <\/span><span lang=\"fr-FR\"><i>crit\u00e8res de scientificit\u00e9 <\/i><\/span><span lang=\"fr-FR\">(<\/span><span lang=\"fr-FR\"><i>Standard der Wissenschaftlichkeit<\/i><\/span><span lang=\"fr-FR\">).<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span lang=\"fr-FR\">Michael Heinrich inscrit sa recherche dans l&rsquo;histoire de la r\u00e9ception de l\u2019\u0153uvre de Marx. Les discussions qui eurent lieu avant la Premi\u00e8re guerre mondiale autour de la critique de l&rsquo;\u00e9conomie politique marxienne n&rsquo;all\u00e8rent pas, \u00e0 l&rsquo;exception remarquable de Hilferding<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a>, se confronter aux th\u00e9ories de la valeur et de la monnaie, mais rest\u00e8rent concentr\u00e9es autour de celles de monopole, d&rsquo;imp\u00e9rialisme, du r\u00f4le \u00e9conomique de l\u2019\u00c9tat, et des crises financi\u00e8res. Cet \u00e9tat de fait change cependant apr\u00e8s la fin de la Premi\u00e8re guerre mondiale avec les analyses de Lukacs (1923) et de Korsch (1923). Les discussions autour de l\u2019\u0153uvre de Marx prennent alors un tournant plus \u00ab\u00a0philosophique et m\u00e9thodologique\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a>. Parall\u00e8lement, mais dans une mesure bien restreinte, un d\u00e9bat s&rsquo;ouvre sur la th\u00e9orie de la valeur et sur la structure de la th\u00e9orie \u00e9conomique de Marx avec Grossmann en Allemagne, Rubin en URSS, et Itoh au Japon. Malheureusement, dans ces trois pays, le fascisme ou le stalinisme r\u00e9duisirent \u00e0 n\u00e9ant ces d\u00e9bats naissants. <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span lang=\"fr-FR\">Ces discussions fondamentales purent cependant rena\u00eetre dans les ann\u00e9es 60 et 70. Allant de l&rsquo;influence forte de la th\u00e9orie n\u00e9oricardienne de Sraffa (1960), adopt\u00e9e comme mod\u00e8le permettant de formaliser la th\u00e9orie marxienne de l&rsquo;\u00e9conomie politique, en passant par l&rsquo;importance de la discussion m\u00e9thodologique et \u00e9pist\u00e9mologique port\u00e9e par la large r\u00e9ception du <\/span><span lang=\"fr-FR\"><i>Lire le Capital<\/i><\/span><span lang=\"fr-FR\"> d&rsquo;Althusser, ou encore par la particularit\u00e9 de groupes de recherches qui entreprirent la lecture du <\/span><span lang=\"fr-FR\"><i>Capital <\/i><\/span><span lang=\"fr-FR\">par la matrice des <\/span><span lang=\"fr-FR\"><i>Grundrisse<\/i><\/span><span lang=\"fr-FR\">, Michael Heinrich dresse un tableau des discussions sur la th\u00e9orie de la valeur qui est critique en ce que leur aboutissement serait insatisfaisant. A lieu \u00e0 ce moment-l\u00e0 une cristallisation de p\u00f4les d&rsquo;interpr\u00e9tation de la th\u00e9orie de Marx autour de positions <\/span><span lang=\"fr-FR\"><i>toutes en rupture avec une m\u00e9thode d&rsquo;analyse serr\u00e9e du texte<\/i><\/span><span lang=\"fr-FR\">\u00a0: Ainsi, la d\u00e9fense de la th\u00e9orie de la valeur comme \u00e9tant une th\u00e9orie des rapports sociaux (<\/span><span lang=\"fr-FR\"><i>Gesellschaftstheorie<\/i><\/span><span lang=\"fr-FR\">) a longtemps \u00e9t\u00e9 comprise comme synonyme d&rsquo;un renoncement \u00e0 sa dimension \u00e9conomique, \u00e9vin\u00e7ant ainsi, de mani\u00e8re paradoxale, toute discussion fondamentale sur la th\u00e9orie de la valeur et de l&rsquo;argent chez Marx. C&rsquo;est notamment pourquoi les cons\u00e9quences de la d\u00e9mon\u00e9tarisation de l&rsquo;or pour la th\u00e9orie marxienne n&rsquo;ont pu faire l&rsquo;objet d&rsquo;aucune recherche approfondie.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span lang=\"fr-FR\">Il ne s&rsquo;agit pas dans ce livre de pol\u00e9miquer avec chaque critique, mais bien plut\u00f4t \u00ab\u00a0d&rsquo;\u00e9carter certains d\u00e9ficits de l&rsquo;appareil critique de l&rsquo;\u00e9conomie politique\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a>. Afin de pouvoir rendre possible une discussion sur les th\u00e9ories du cr\u00e9dit et des crises, il est essentiel selon l&rsquo;auteur de traiter les probl\u00e8mes centraux des th\u00e9ories de la valeur et de l&rsquo;argent de Marx, comme par exemple celui de la signification de la marchandise-monnaie pour la th\u00e9orie de l&rsquo;argent.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span lang=\"fr-FR\">Le projet de \u00ab\u00a0reconstruction de la critique de l&rsquo;\u00e9conomie politique\u00a0\u00bb ne doit cependant pas suivre le chemin qu&rsquo;il a d\u00e9j\u00e0 pris une fois et qui consistait dans les ann\u00e9es 70 \u00e0 construire un discours homog\u00e8ne et unitaire. En faisant cela, toute attitude critique par rapport au texte de Marx a \u00e9t\u00e9 syst\u00e9matiquement \u00e9vacu\u00e9e, amenant des auteurs comm<\/span><span lang=\"fr-FR\">e Krause (1977), <\/span>Cutler et al. (1977), Benetti\/Cartelier (1980), ou encore Carling (1984)<span lang=\"fr-FR\"> \u00e0 isoler \u00ab\u00a0de mani\u00e8re chirurgicale\u00a0\u00bb certains pans de la th\u00e9orie marxienne en explicitant leur invalidit\u00e9 et en proposant \u00e0 leur place des \u00ab\u00a0proth\u00e8ses\u00a0\u00bb de substitution.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span lang=\"fr-FR\">En r\u00e9ponse \u00e0 ces lectures tendancieuses, l&rsquo;auteur d\u00e9fend la th\u00e8se selon laquelle la th\u00e9orie \u00e9conomique d\u00e9velopp\u00e9e par Marx (dans le <\/span><span lang=\"fr-FR\"><i>Capital <\/i><\/span><span lang=\"fr-FR\">et les manuscrits de son \u00e9laboration), deux discours se croisent et s&rsquo;enchev\u00eatrent en permanence\u00a0: D&rsquo;une part, celui qui se trouve en rupture avec l&rsquo;\u00e9conomie politique classique, et ce, non pas parce que Marx critique des th\u00e9ories isol\u00e9es mais parce qu&rsquo;il critique cette science <\/span><span lang=\"fr-FR\"><i>dans sa totalit\u00e9<\/i><\/span><span lang=\"fr-FR\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\"><sup>6<\/sup><\/a>. C&rsquo;est exactement pour cette raison que Marx ne propose pas uniquement une th\u00e9orie nouvelle mais qu&rsquo;il op\u00e8re une v\u00e9ritable r\u00e9volution scientifique ouvrant un champ de recherche th\u00e9orique radicalement nouveau. D&rsquo;autre part, le discours de l&rsquo;\u00e9conomie politique classique qui persiste \u00e0 se trouver \u00e0 des moments centraux du d\u00e9veloppement de Marx, de telle sorte qu&rsquo;Althusser a pu affirmer que Marx ne parvenait m\u00eame plus faire la diff\u00e9rence entre son propre discours et celui de l&rsquo;\u00e9conomie classique (1965b, S.194). <\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\">Les deux niveaux du discours ne cessent, alors m\u00eame qu&rsquo;un nouveau champ th\u00e9orique s&rsquo;ouvre, de s&rsquo;entrem\u00ealer. Ceci am\u00e8ne tout d&rsquo;abord \u00e0 devoir constater un d\u00e9ficit en autor\u00e9flexion de la part de Marx, mais surtout \u00e0 devoir admettre l&rsquo;ambivalence inh\u00e9rente \u00e0 son propre d\u00e9veloppement cat\u00e9goriel. Le nouveau champ de recherche scientifique que Marx inaugure est donc toujours d\u00e9j\u00e0 infest\u00e9 par les cat\u00e9gories de l&rsquo;\u00e9conomie classique. Ceci a pour cons\u00e9quence de g\u00e9n\u00e9rer une s\u00e9rie de probl\u00e8mes qu&rsquo;il s&rsquo;agit non seulement d&rsquo;identifier, mais aussi de r\u00e9soudre en tant que tels. Afin de pouvoir mener cette recherche, l&rsquo;auteur propose d&rsquo;\u00e9laborer une \u00e9chelle de mesure afin de pouvoir distinguer dans le discours de Marx ce qui rel\u00e8ve de l&rsquo;\u00e9conomie classique de ce qui rel\u00e8ve de son propre d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span lang=\"fr-FR\">C&rsquo;est pourquoi ce livre commence par une recherche portant sur le champ th\u00e9orique avec lequel Marx se situe en rupture (cette partie porte le titre <\/span><span lang=\"fr-FR\"><i>L&rsquo;anthropologie comme affirmation<\/i><\/span><span lang=\"fr-FR\">). Il s&rsquo;agit d&rsquo;expliciter dans quelle mesure le marginalisme et les th\u00e9ories g\u00e9n\u00e9rales de l&rsquo;\u00e9quilibre (<\/span><span lang=\"fr-FR\"><i>Gleichgewichtstheorien<\/i><\/span><span lang=\"fr-FR\">) rel\u00e8vent du m\u00eame champ th\u00e9orique que l&rsquo;\u00e9conomie classique. Ceci permet alors de mettre en \u00e9vidence dans quelle mesure Marx propose effectivement une critique de l&rsquo;\u00e9conomie politique dans son ensemble.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span lang=\"fr-FR\">Dans la deuxi\u00e8me partie (<\/span><span lang=\"fr-FR\"><i>La r\u00e9volution scientifique de Marx<\/i><\/span><span lang=\"fr-FR\">), il s&rsquo;agit pour l&rsquo;auteur de rendre le contenu th\u00e9orique de la r\u00e9volution scientifique op\u00e9r\u00e9e par Marx par l&rsquo;explicitation de la nature nouvelle des concepts de \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb (<\/span><span lang=\"fr-FR\"><i>Wirklichkeit<\/i><\/span><span lang=\"fr-FR\">) et de \u00ab\u00a0science\u00a0\u00bb pour ce dernier. En ce que ces conceptions connaissent une construction progressive dans l\u2019\u0153uvre de Marx, il sera n\u00e9cessaire de d\u00e9terminer \u00e0 partir de quand exactement celles-ci peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme <\/span><span lang=\"fr-FR\"><i>nouvelles<\/i><\/span><span lang=\"fr-FR\">.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span lang=\"fr-FR\">Dans la troisi\u00e8me partie (<\/span><span lang=\"fr-FR\"><i>L&rsquo;ambivalence des cat\u00e9gories fondamentales de la critique de l&rsquo;\u00e9conomie politique<\/i><\/span><span lang=\"fr-FR\">), l&rsquo;auteur analyse les cat\u00e9go<\/span><span lang=\"fr-FR\">ries fondamentales de la critique de l&rsquo;\u00e9conomie politique et met en \u00e9vidence dans quelle mesure celles-ci ne sont pas \u00e9mancip\u00e9es de conceptions \u00ab\u00a0naturalistes\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0substantialistes\u00a0\u00bb. En effet, ces deux derni\u00e8res conceptions constituent le fondement d&rsquo;\u00e9valuations quantitatives du travail (<\/span><span lang=\"fr-FR\"><i>quantitative Arbeitsmengenrechnungen<\/i><\/span><span lang=\"fr-FR\">) qui am\u00e8nent \u00e0 des inconsistances bien connues. Ce sera l&rsquo;occasion alors pour l&rsquo;auteur d&rsquo;op\u00e9rer une r\u00e9vision critique du statut th\u00e9orique donn\u00e9 par Marx \u00e0 la marchandise-monnaie. D\u00e9passant donc les versions naturalistes de la th\u00e9orie de la valeur-travail, Michael Heinrich peut alors approfondir l&rsquo;asp<\/span><span lang=\"fr-FR\">ect mon\u00e9taire de la th\u00e9orie de la valeur et du capital, puisqu&rsquo;il estime que c&rsquo;est uniquement sur cette base qu&rsquo;il est possible de mener une discussion sur les th\u00e9ories du cr\u00e9dit et des crises. L&rsquo;auteur mettra alors en \u00e9vidence les ambivalences propres \u00e0 chacune de ces th\u00e9ories, mais surtout finira cette partie en mettant en perspective ce que les ambivalences marxiennes impliquent pour la conception du socialisme.<\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\">Cette contribution essentielle pour la th\u00e9orie marxienne de la valeur a connu en Allemagne une large r\u00e9ception (trois r\u00e9\u00e9ditions) \u00e0 la hauteur de sa qualit\u00e9, mais aussi en raison de la m\u00e9thode rigoureusement scientifique mise en \u0153uvre par Michael Heinrich autant vis-\u00e0-vis du texte de Marx que des interpr\u00e9tations avanc\u00e9es. Le contexte fran\u00e7ais est tout aussi marqu\u00e9 par l&rsquo;apparition d&rsquo;\u00a0\u00ab\u00a0\u00e9coles\u00a0\u00bb nouvelles portant sp\u00e9cifiquement sur les th\u00e8mes au centre de ce livre, comme par exemple celle de la critique de la valeur. La contribution de Michael Heinrich, si elle a une pertinence propre incontestable, est le contradicteur absent de ces nouvelles lectures qui souffrent bien trop souvent du mal diagnostiqu\u00e9 par l&rsquo;auteur\u00a0: celui de ne pas veiller constamment au niveau d&rsquo;abstraction ou au contexte argumentatif respectif des cat\u00e9gories permettant d&rsquo;analyser le capitalisme.<\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"CENTER\"><span style=\"font-size: large\"><b>Table des mati\u00e8res\u00a0:<\/b><\/span><\/p>\n<p><b>Erster Teil\u00a0: Anthropologie als Affirmation: Das theoretische Feld der politischen \u00d6konomie<\/b><\/p>\n<p><b>Erstes Kapitel\u00a0: Die klassische politische \u00d6konomie <\/b><\/p>\n<p>1. Arbeit und Eigentum in der fr\u00fchen b\u00fcrgerlichen Sozialphilosophie<\/p>\n<p>2. Subjektive Arbeitswertlehre und Produktionskostentheorie bei Adam Smith<\/p>\n<p>3. Smith als Mehrwerttheoretiker (Zur Kritik an Marx&rsquo; Klassik-Rezeption Teil I)<\/p>\n<p>4. Wert und Durchschnittsprofit bei David Ricardo<\/p>\n<p>5. Ricardo als inkonsequenter Arbeitswerttheoretiker (Zur Kritik an Marx&rsquo; Klassik-Rezeption Teil II)<\/p>\n<p>6. Werttheorie als Kapitalismuskritik: die \u201ericardianischen Sozialisten\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><b>Zweites Kapitel Marginalismus und Neoklassik<\/b><\/p>\n<p>1. Die marginalistische Revolution<\/p>\n<p>2. Die Theorie des allgemeinen Gleichgewichts<\/p>\n<p>3. Klassik und Neoklassik 75<\/p>\n<p>4. Wissenschaftliche \u00d6konomie und Vulg\u00e4r\u00f6konomie (Zur Kritik an Marx&rsquo; Klassik-Rezeption Teil III)<\/p>\n<p><b>Zweiter Teil\u00a0: Die wissenschaftliche Revolution von Marx<\/b><\/p>\n<p><b>Drittes Kapitel\u00a0: Anthropologie als Kritik: Die theoretische Konzeption des jungen Marx <\/b><\/p>\n<p>1. Marx als Junghegelianer<\/p>\n<p>2. Kritik der Hegeischen Philosophie<\/p>\n<p>3. Kritik der Politik: Menschliche Emanzipation und Revolution<\/p>\n<p>4. Kritik der National\u00f6konomie als Wissenschaft innerhalb der Entfremdung<\/p>\n<p>5. Menschliches Wesen (Kritik der Hegeischen Philosophie, Fortsetzung)<\/p>\n<p>6. Kommunismus: Urspr\u00fcnglichkeit und Utopie<\/p>\n<p>7. Aufl\u00f6sungsmomente der Marxschen Konzeption<\/p>\n<p><b>Viertes Kapitel\u00a0: Der Bruch mit dem theoretischen Feld der politischen \u00d6konomie<\/b><\/p>\n<p>1.<span lang=\"fr-FR\">Die Abkehr von der Feuerbachschen Anthropologie <\/span><\/p>\n<p>2. Die Kritik der Wesensphilosophie<\/p>\n<p>3. Erste Ans\u00e4tze der materialistischen Geschichtsauffassung<\/p>\n<p>4. Kontinuit\u00e4t der Entfremdungsproblematik?<\/p>\n<p>5. Der neue Begriff von gesellschaftlicher Wirklichkeit<\/p>\n<p>6. Geschichtliche Dynamik oder Geschichtsphilosophie<\/p>\n<p>7. Die neue Konzeption von Wissenschaft (Kritik der fr\u00fchen Hegelkritik)<\/p>\n<p><b>Dritter Teil\u00a0: Die Ambivalenz der Grundkategorien der Kritik der politischen \u00d6konomie<\/b><\/p>\n<p><b>F\u00fcnftes Kapitel\u00a0: Die Architektonik der Kritik der politischen \u00d6konomie<\/b><\/p>\n<p>1. Interpretationen<span lang=\"fr-FR\"> der Marxschen Dialektik (Marx und Hegel)<\/span><\/p>\n<p>2. Dialektische Darstellung als Form wissenschaftlicher Begr\u00fcndung<\/p>\n<p>3. Der 6-B\u00fccher-Plan und die Unterscheidung zwischen dem<\/p>\n<p>\u201eKapital im Allgemeinen\u00a0\u00bb und der \u201eKonkurrenz der vielen Kapitalien\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>4. Die Aufl\u00f6sung des \u201eKapital im Allgemeinen\u00a0\u00bb<\/p>\n<ol start=\"5\">\n<li>Die Struktur des Kapital<\/li>\n<\/ol>\n<p><b><span lang=\"fr-FR\">Sechstes Kapitel\u00a0: <\/span>Die monet\u00e4re Werttheorie <\/b><\/p>\n<p>1. Die Kritik an der Marxschen Werttheorie<\/p>\n<p>2. Werttheorie zwischen Naturalismus und Gesellschaftstheorie<\/p>\n<p>Abstrakte Arbeit<\/p>\n<p>Wertgegenst\u00e4ndlichkeit<\/p>\n<p>Wert gro\u00dfe<\/p>\n<p>3. Wertformanalyse, Austauschproze\u00df und Geld<\/p>\n<p>4. Das Problem der Geldware<\/p>\n<p>5. Geld und einfache Zirkulation &#8211; die \u201eNicht-Neutralit\u00e4t\u00a0\u00bb des Geldes<\/p>\n<p>Wertgr\u00f6\u00dfe und Preis<\/p>\n<p>Kritik der Quantit\u00e4tstheorie<\/p>\n<p>Geld als Selbstzweck<\/p>\n<p><b>Siebtes Kapitel\u00a0: Grundz\u00fcge der Marxschen Kapitaltheorie<\/b><\/p>\n<p>1. Werttheorie und Kapitaltheorie<\/p>\n<p>Der fehlende \u00dcbergang vom Geld zum Kapital<\/p>\n<p>Arbeitskraft &#8211; eine ganz normale Ware?<\/p>\n<p>Klassen- und staatstheoretische Implikationen der Kapitaltheorie<\/p>\n<p>2. Werte und Produktionspreise<\/p>\n<p>Das Transformationsproblem<\/p>\n<p>Der neoricardianische Ansatz von Piero Sraffa und die Kritik an der Marxschen Werttheorie<\/p>\n<p>Mehrwert und Durchschnittsprofit in der monet\u00e4ren Werttheorie<\/p>\n<p>3. Zinstragendes Kapital und Kredit<\/p>\n<p>Durchschnittsprofit und Zins<\/p>\n<p>Kredit und fiktives Kapital<\/p>\n<p>Geld- und Kreditkrisen<\/p>\n<p>Die Steuerungsfunktion des Kreditsystems<\/p>\n<p>Die Marxsche Kredittheorie und das gegenw\u00e4rtige Geldsystem<\/p>\n<p>4. Kapitaltheorie als Destruktion des Scheins kapitalistischer Empirie<\/p>\n<p><b>Achtes Kapitel\u00a0: Zur Dynamik der kapitalistischen Produktionsweise<\/b><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\">1. Gleichgewicht und Dynamik<\/p>\n<p>2. Produktivkraftentwicklung und Wertzusammensetzung des Kapitals<\/p>\n<p>3. Industrielle Reservearmee und \u201eVerelendungstheorie\u00a0\u00bb<\/p>\n<ol start=\"4\">\n<li>Das \u201eGesetz vom tendenziellen Fall der Profitrate\u00a0\u00bb &#8211; eine Kritik<\/li>\n<li>\n<p lang=\"fr-FR\">5. Krisentheorie 341<\/p>\n<\/li>\n<\/ol>\n<p>Rekonstruktion der Krisentheorie ?<\/p>\n<p>Grundrisse 1857\/58: Unterkonsumtionsdynamik und Zusammenbruchstheorie<\/p>\n<p>Manuskript 1861-63: Kritik der Harmonievorstellungen der Klassik,<\/p>\n<p>Grenzen der Unterkonsumtionstheorie, Krise als Ausgleichsbewegung<\/p>\n<p>M\u00f6glichkeit und Wirklichkeit der Krise<\/p>\n<p>Krisentheorie im Kapital: Zyklentheoretischer und allgemeiner Krisenbegriff<\/p>\n<p><b>Neuntes Kapitel\u00a0: Kapitalismuskritik und Sozialismus<\/b><\/p>\n<p>1. Normative Fundamente der Marxschen Kapitalismuskritik?<\/p>\n<p>(Der \u201eUmschlag der Aneignungsgesetze\u00a0\u00bb)<\/p>\n<p>2. Wissenschaft als Kritik<\/p>\n<p>3. Werttheorie und Sozialismuskonzeption<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a>C&rsquo;est une exigence m\u00e9thodologique fondamentale qui constitue le trait distinctif de sa d\u00e9marche expos\u00e9e et mise en pratique dans <i>Comment lire le Capital de Marx<\/i>, notamment p. 23. Voir aussi <i>Die Wissenschaft vom Wert<\/i>, Vorwort zur 2. Auflage, S.9.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a><i>Die Wissenschaft vom Wert<\/i>, Vorwort zur 2. Auflage, S.10.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a>Finanzkapital (Hilferding 1910), dans lequel l&rsquo;auteur poursuit le d\u00e9veloppement de la th\u00e9orie de l&rsquo;argent et du cr\u00e9dit.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a><i>Die Wissenschaft vom Wert<\/i>, Einleitung, 1. Zum Stand der Diskussion um die Marxsche Wert- und Geldtheorie, S.14.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a><i>Die Wissenschaft vom Wert<\/i>, Einleitung, 1. Zum Stand der Diskussion um die Marxsche Wert- und Geldtheorie, S.16.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote6\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\">6<\/a><i>Die Wissenschaft vom Wert<\/i>, Einleitung, 1. Zum Stand der Diskussion um die Marxsche Wert- und Geldtheorie, S.17.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Die Wissenschaft vom Wert. Die Marsxsche Kritik der politischen \u00d6konime zwischen wissenschaftliche Revolution und klassischen Tradition, Par I. J. 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