{"id":50,"date":"2018-01-08T12:59:27","date_gmt":"2018-01-08T11:59:27","guid":{"rendered":"https:\/\/aufhebung2018.wordpress.com\/?p=50"},"modified":"2018-01-08T12:59:27","modified_gmt":"2018-01-08T11:59:27","slug":"commentaire-du-texte-daristote-metaphysique-lambda-7-1072b-1073a3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/liremarx.noblogs.org\/?p=50","title":{"rendered":"Commentaire du texte d&rsquo;Aristote, M\u00e9taphysique, Lambda, 7, 1072b-1073a3"},"content":{"rendered":"<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-size:large\"><b>Commentaire du texte d&rsquo;Aristote,<\/b><\/span><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-size:large\"><b><i>M\u00e9taphysique<\/i>, Lambda, 7, 1072b-1073a3<\/b><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans ce texte, Aristote d\u00e9finit ce qu&rsquo;il faut entendre par le premier principe. La difficult\u00e9 principale dans la compr\u00e9hension de ce principe est l&rsquo;obstacle que constitue notre entente de la mise en mouvement sur le mod\u00e8le causal. Or, ce qui fait que la substance immobile est l&rsquo;objet de la m\u00e9taphysique, provient du fait qu&rsquo;elle n&rsquo;a aucun principe commun avec les autres esp\u00e8ces de substances (1069b). Pour mettre en \u00e9vidence une diff\u00e9rence qui, somme toute donc, concentre la tension entre la physique et la m\u00e9taphysique, Aristote op\u00e9rera une remont\u00e9e g\u00e9n\u00e9tique en allant du mouvement en g\u00e9n\u00e9ral vers le premier moteur. En cherchant \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 la question de l&rsquo;origine du mouvement, il pourra ensuite en arriver \u00e0 d\u00e9finir la nature du premier mouvement, et le distinguer de son moteur. Cela lui permettra de d\u00e9duire un ensemble d&rsquo;autres qualit\u00e9s propres au Premier Moteur, et ainsi remettre en question la th\u00e8se selon laquelle ce moteur serait \u00e0 identifier \u00e0 une cause. La difficult\u00e9 de cette distinction provient notamment du fait que \u00ab\u00a0toutes les causes sont des principes\u00a0\u00bb (<i>M\u00e9taphysique<\/i>, Delta, 11013a18). Apr\u00e8s avoir d\u00e9montr\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 qui d\u00e9coule de l&rsquo;essence du premier moteur d&rsquo;\u00eatre tel qu&rsquo;il est, Aristote pr\u00e9cisera ce qu&rsquo;il entend par n\u00e9cessit\u00e9 et cela l&rsquo;am\u00e8nera \u00e0 pouvoir discuter la th\u00e8se de la nature de Dieu compris comme un vivant \u00e9ternel et parfait. Cette triple d\u00e9finition permettra de rendre la distinction entre cause efficiente et principe plus claire. Mais face \u00e0 cette conclusion, il faudra comprendre pour quelle raison Aristote initie son raisonnement par la tentative d&rsquo;introduire une sorte de cause, la cause finale, parmi les \u00eatres immobiles. Aristote doit rendre raison de la nature du premier principe en ce qu&rsquo;il est l&rsquo;objet de la m\u00e9taphysique, et en ce qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 m\u00e9compris par de nombreux philosophes, en particulier car ils n&rsquo;en ont pas saisi ad\u00e9quatement la nature immat\u00e9rielle.<i> <\/i>Cette d\u00e9monstration entre dans une partie essentielle de la <i>M\u00e9taphysique<\/i>, le livre Lambda qui a pour particularit\u00e9 de d\u00e9velopper ce qu&rsquo;il faut entendre par l&rsquo;\u00eatre en tant que tel.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La t\u00e2che qu&rsquo;Aristote assigne \u00e0 la philosophie premi\u00e8re est de chercher le principe, qui est autre que les causes efficientes, et qui est ce dont provient le commencement du mouvement (<i>M\u00e9taphysique<\/i>, Alpha, 3984a). Afin d&rsquo;en arriver \u00e0 la d\u00e9termination de la nature du premier moteur, Aristote part d&rsquo;une objection qui pourrait lui \u00eatre faite. Cette objection est sous-entendue dans la premi\u00e8re phrase. On pourrait en effet croire que la cause finale n&rsquo;appartient pas aux \u00eatres immobiles, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elle \u00ab\u00a0r\u00e9siderait\u00a0\u00bb dans les \u00eatres mobiles. Les \u00eatres mobiles sont tous les \u00eatres mus, que ce soit selon la substance, le lieu, la quantit\u00e9 ou la qualit\u00e9. La cause finale ne r\u00e9siderait pas parmi les \u00eatres immobiles de par une n\u00e9cessit\u00e9 qui provient de sa d\u00e9finition, c&rsquo;est-\u00e0-dire la signification qu&rsquo;elle rev\u00eat. Le principe de toute d\u00e9monstration est l&rsquo;essence, connaissance \u00e0 la quelle on arrive par les propri\u00e9t\u00e9s, et qui ensuite doivent \u00eatre par un mouvement descendant, connaissables par les d\u00e9finitions trouv\u00e9es (<i>Physique<\/i>, VII). La signification de la cause finale est double en ce qu&rsquo;elle peut d\u00e9signer le but, comme le bonheur, et celui pour qui elle est un but, par exemple, Socrate. Et c&rsquo;est seulement en tant qu&rsquo;elle est un but que la cause finale appartient aux \u00eatres immobiles. L&rsquo;impossible appartenance aux \u00ab\u00a0\u00eatres immobiles\u00a0\u00bb de la cause finale entendue comme \u00ab\u00a0Socrate\u00a0\u00bb provient du fait que Socrate est mu par la cause finale, et qu&rsquo;ainsi, il est par d\u00e9finition, mobile, changeant. Aristote a mis en \u00e9vidence pourquoi la cause finale \u00ab\u00a0peut\u00a0\u00bb r\u00e9sider parmi les \u00eatres immobiles, il n&rsquo;a pas encore affirm\u00e9 qu&rsquo;elle en \u00e9tait un ou qu&rsquo;elle y existait effectivement. Il a mis en un premier temps en \u00e9vidence la possibilit\u00e9 de sa r\u00e9sidence parmi les \u00eatres immobiles par sa d\u00e9finition.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est dans le lien \u00e0 pr\u00e9sent que cette cause finale entretient avec ce qu&rsquo;elle meut qu&rsquo;il sera possible de mettre en \u00e9vidence que son existence est non seulement immat\u00e9rielle, mais surtout n\u00e9cessaire. Ainsi, la cause finale entra\u00eene le mouvement parce qu&rsquo;elle est un objet pour un sujet, en ce que celui-ci est d\u00e9sirant. Il semble qu&rsquo;ici le mouvement provienne plut\u00f4t du d\u00e9sirant que du d\u00e9sir\u00e9 mais ce serait mal comprendre ce que dit Aristote. Au paragraphe pr\u00e9c\u00e9dent, il affirme en effet qu&rsquo;une chose est d\u00e9sir\u00e9e parce qu&rsquo;elle nous semble bonne et non pas qu&rsquo;elle est bonne parce que nous la d\u00e9sirons, ce \u00e0 quoi il rajoute, \u00ab\u00a0le principe, c&rsquo;est la pens\u00e9e\u00a0\u00bb. Ce qu&rsquo;il y a de premier n&rsquo;est pas le d\u00e9sir mais la nature de la chose d\u00e9sir\u00e9e et l&rsquo;intelligibilit\u00e9 que nous en avons, autrement dit, le mouvement provient de la nature bonne de la chose d\u00e9sir\u00e9e. Ainsi, le mouvant est mu par la nature du moteur. La cause finale a la puissance de provoquer le mouvement de par sa nature bonne.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La deuxi\u00e8me partie de la phrase, \u00ab\u00a0et elle meut les autres choses par une chose qui est mue\u00a0\u00bb d\u00e9termine un rapport de m\u00e9diation, \u00ab\u00a0par\u00a0\u00bb, qui pr\u00e9cise le processus par lequel il y a mouvement. Cette chose qui est mue et qui est ce par quoi l&rsquo;objet du d\u00e9sir meut semble ici encore impossible \u00e0 d\u00e9terminer. La traduction Tricot nous permet de sortir d&rsquo;une certaine obscurit\u00e9 dans la formulation en ce qu&rsquo;il traduit \u00ab\u00a0et toutes les autres choses meuvent parce qu&rsquo;elle sont mues elles-m\u00eames\u00a0\u00bb. Cette traduction met en \u00e9vidence un rapport de n\u00e9cessit\u00e9 d\u00e9finitionnelle (\u00ab\u00a0parce que\u00a0\u00bb), qui fait que tout ce qui est d\u00e9sirant met en mouvement, en plus d&rsquo;\u00eatre soi-m\u00eame mu. C&rsquo;est donc en vertu du fait qu&rsquo;une chose est d\u00e9sirante, c&rsquo;est-\u00e0-dire anim\u00e9e par une cause finale, qu&rsquo;elle devient cause elle-m\u00eame.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Quelle cons\u00e9quence a le fait d&rsquo;\u00eatre en mouvement sur la nature, ou l&rsquo;essence d&rsquo;une chose, ce qui fait qu&rsquo;elle est ce qu&rsquo;elle est et non pas autre chose\u00a0? Justement, que cette essence n&rsquo;est pas fixe, qu&rsquo;elle peut \u00eatre autrement que ce qu&rsquo;elle est, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elle entre dans le r\u00e8gne de la contingence, du hasard. Elle perd la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre selon sa propre nature. Cette perte de n\u00e9cessit\u00e9 provient de la possibilit\u00e9 (\u00ab\u00a0elle peut aussi\u00a0\u00bb) ouverte par la nature du mouvement m\u00eame. Pouvoir \u00eatre autrement que ce que l&rsquo;on est s&rsquo;entend selon les quatre modalit\u00e9s du mouvement, l&rsquo;alt\u00e9ration, la corruption, la translation, l&rsquo;accroissement. Alors qu&rsquo;il est question ici du mouvement tel qu&rsquo;il a lieu en tant qu&rsquo;il est d\u00e9sir\u00e9, qu&rsquo;en est-il du premier mouvement\u00a0? D&rsquo;une d\u00e9finition qui portait sur le mouvement en g\u00e9n\u00e9ral et son origine, Aristote le sp\u00e9cifie pour un mouvement particulier, le premier. Celui avant quoi il n&rsquo;y a pas de mouvement. Il \u00e9tablit un rapport de cons\u00e9quence (\u00ab\u00a0Par cons\u00e9quent\u00a0\u00bb) qui est confront\u00e9 \u00e0 une difficult\u00e9 (\u00ab\u00a0m\u00eame si\u00a0\u00bb). Cette difficult\u00e9 est que le premier \u00ab\u00a0d\u00e9placement\u00a0\u00bb soit \u00ab\u00a0aussi acte\u00a0\u00bb. La traduction Tricot met ici en \u00e9vidence qu&rsquo;il s&rsquo;agit du mouvement de translation chez celui qui est maintenant susceptible d&rsquo;\u00eatre autrement du fait qu&rsquo;il est mu par une cause finale. Il ne s&rsquo;agit donc pas du premier d\u00e9placement dans l&rsquo;absolu, mais dans l&rsquo;individu anim\u00e9 d&rsquo;un d\u00e9sir. Cette traduction met en \u00e9vidence que le premier mouvement possible est celui de translation, d&rsquo;un mouvement dans l&rsquo;espace. Pourtant, m\u00eame mu par le d\u00e9sir provoqu\u00e9 par la nature d&rsquo;une cause finale, et donc sujet possible du changement, Aristote pr\u00e9cise que ce changement ne s&rsquo;op\u00e8re que sous la modalit\u00e9 du lieu, et pas de sa substance, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas encore de principe \u00e0 sa g\u00e9n\u00e9ration ou \u00e0 sa corruption. Cette n\u00e9cessit\u00e9 provient du fait que tout processus de g\u00e9n\u00e9ration implique l&rsquo;existence d&rsquo;un terme.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cependant, le d\u00e9veloppement n&rsquo;a pas permis de mettre en \u00e9vidence la nature immobile de la cause finale, mais bien plut\u00f4t de ce en vertu de quoi elle meut. Dans cette mesure, il faut s&rsquo;attacher \u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 ce \u00ab\u00a0quelque chose qui meut tout en \u00e9tant lui-m\u00eame immobile\u00a0\u00bb. Aristote part donc ici d&rsquo;un pr\u00e9suppos\u00e9, celui selon lequel il y a quelque chose qui meut tout en \u00e9tant immobile, que cette chose existe. Du fait de cette existence d\u00e9coule la n\u00e9cessit\u00e9 dans sa d\u00e9finition de ne pas \u00eatre possiblement autrement qu&rsquo;il n&rsquo;est. Comment comprendre le fait que ce quelque chose soit l&rsquo;immobile et qu&rsquo;il soit \u00ab\u00a0en acte\u00a0\u00bb. Qu&rsquo;est-il \u00ab\u00a0en acte\u00a0\u00bb\u00a0? Pour cela, il faut remonter un peu dans le livre Lambda, au chapitre pr\u00e9c\u00e9dent o\u00f9 il est d\u00e9montr\u00e9 qu&rsquo;il faut \u00ab\u00a0qu&rsquo;il existe un principe tel que l&rsquo;acte m\u00eame de mouvoir en soit l&rsquo;essence\u00a0\u00bb (1071b). \u00catre en acte signifie \u00eatre parfait ou achev\u00e9 par opposition \u00e0 la puissance, la potentialit\u00e9, et c&rsquo;est pourquoi un existant singulier est un \u00eatre en acte, alors que la mati\u00e8re ind\u00e9termin\u00e9e est un \u00eatre en puissance. Cette perfection provient de la n\u00e9cessit\u00e9 reconnue plus t\u00f4t que le mouvement est \u00e9ternel, et que pour cette raison, il doit y avoir un mouvement qui ne s&rsquo;arr\u00eate jamais, et donc quelque chose qui meut sans \u00eatre mu, mais dont le principe doit \u00eatre de mouvoir.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce qu&rsquo;Aristote \u00e9nonce ici, et que nous avons reconnu comme \u00e9tant une pr\u00e9supposition sans argument d\u00e9monstratif, \u00e0 savoir qu&rsquo;il existe quelque chose dont l&rsquo;acte est de mouvoir tout en \u00e9tant immobile, d\u00e9coule (\u00ab\u00a0en effet\u00a0\u00bb) de la nature m\u00eame du premier d\u00e9placement. Il faut remarquer le changement de modalit\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9. Alors qu&rsquo;en premier lieu il s&rsquo;agissait de d\u00e9terminer une possibilit\u00e9, celle de la cause finale \u00e0 r\u00e9sider parmi les \u00eatres immobiles, il s&rsquo;agit \u00e0 pr\u00e9sent d&rsquo;affirmer pleinement une existence, ce qui est rendu manifeste par la copule \u00ab\u00a0\u00eatre\u00a0\u00bb, laquelle sert \u00e0 signifier qu&rsquo;une proposition est vraie (troisi\u00e8me d\u00e9finition d&rsquo;\u00eatre dans le livre Delta).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le premier mouvement a \u00e9t\u00e9 reconnu comme \u00e9tant n\u00e9cessairement selon le lieu et non selon la substance, or l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 du mouvement n\u00e9cessite qu&rsquo;il n&rsquo;ai pas d&rsquo;arr\u00eat, et cette possibilit\u00e9 est donn\u00e9e par la circularit\u00e9. Ceci a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9nonc\u00e9 plus avant, \u00ab\u00a0il n&rsquo;y a de mouvement continu que dans le lieu, et encore faut-il que ce mouvement soit circulaire\u00a0\u00bb (1071b). Cette proposition n&rsquo;est pas d\u00e9montr\u00e9e dans la <i>M\u00e9taphysique<\/i>, mais dans la <i>Physique<\/i> (VIII, 8, 261b27, 264a). C&rsquo;est en vertu du fait que le d\u00e9placement circulaire est le premier d\u00e9placement, dont le moteur immobile est le moteur, que ce dernier existe (\u00ab\u00a0il y a quelque chose qui meut&#8230;\u00a0\u00bb) et qu&rsquo;il ne peut pas \u00eatre autrement qu&rsquo;il n&rsquo;est (proposition pr\u00e9c\u00e9dente qui devait \u00eatre prouv\u00e9e (\u00ab\u00a0en effet\u00a0\u00bb) par ce d\u00e9veloppement). Cela signifie que le premier moteur immobile ne peut pas \u00eatre contingent, et, de par la nature du mouvement de translation circulaire, il pourrait en \u00eatre le sujet, si ce n&rsquo;\u00e9tait pas lui qui le produisait. Le moteur immobile existe donc de par le fait qu&rsquo;il produit le mouvement de translation circulaire. Car il n&rsquo;aurait pas \u00e9t\u00e9 en contradiction avec son essence qu&rsquo;il soit sujet d&rsquo;un tel d\u00e9placement, puisque ce dernier n&rsquo;implique pas ni arr\u00eat, ni changement qui aurait fait que le moteur immobile soit autrement qu&rsquo;il n&rsquo;est.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il s&rsquo;ensuit (\u00ab\u00a0donc\u00a0\u00bb) que cet \u00eatre \u00e9chappe \u00e0 la contingence. \u00c9chapper \u00e0 la contingence rend possible dans le syst\u00e8me aristot\u00e9licien d&rsquo;avoir une science de la chose observ\u00e9e. L&rsquo;origine de l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;avoir une science du particulier, et seulement de l&rsquo;universel, provient du principe d&rsquo;ind\u00e9termination introduit par la mati\u00e8re qui la rend inintelligible. C&rsquo;est pour cette raison qu&rsquo;il peut y avoir connaissance du particulier s&rsquo;il est immat\u00e9riel seulement, comme dans le monde supralunaire (<i>M\u00e9taphysique, <\/i>Z, 15). L&rsquo;essentiel pour avoir connaissance d&rsquo;une chose revient dont \u00e0 devoir mettre en \u00e9vidence sa n\u00e9cessit\u00e9. En plus d&rsquo;en rendre possible la connaissance possible, la n\u00e9cessit\u00e9 permet \u00e0 Aristote de mettre en \u00e9vidence des rapports d&rsquo;identit\u00e9\u00a0: ce qui est n\u00e9cessaire est \u00ab\u00a0de la nature du beau\u00a0\u00bb, ou Tricot, \u00ab\u00a0il est le Bien\u00a0\u00bb (traduction qui omet cependant l&rsquo;absence du <i>kagathos<\/i>, et par cons\u00e9quent ne signifie que \u00ab\u00a0beau\u00a0\u00bb, sans lien donc avec l&rsquo;id\u00e9al de la conduite personnelle signifi\u00e9e par le <i>kagathos<\/i> et induite dans la notion de Bien), et ce qui est n\u00e9cessaire est \u00ab\u00a0un principe\u00a0\u00bb (Tricot, \u00ab\u00a0il est principe du mouvement\u00a0\u00bb). L&rsquo;originalit\u00e9 du d\u00e9veloppement aristot\u00e9licien est \u00e0 comprendre dans la perspective o\u00f9, en distinction avec la d\u00e9marche platonicienne, il fonde ici l&rsquo;existence du bien et du beau par le lien qu&rsquo;entretiennent choses mues et le moteur. C&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il ne fonde pas l&rsquo;existence de principes par leur universalit\u00e9, mais bien par leur n\u00e9cessit\u00e9. L&rsquo;absence de distinction radicale entre le singulier et l&rsquo;universel est le principe formul\u00e9 par Aristote contre la th\u00e9orie platonicienne des Id\u00e9es, et il est fond\u00e9 dans l&rsquo;ins\u00e9parabilit\u00e9 de la forme sp\u00e9cifique et de l&rsquo;individu.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;appartenance du moteur immobile \u00e0 la nature du beau en fait un principe (\u00ab\u00a0et, de cette mani\u00e8re\u00a0\u00bb). Or, comment comprendre le lien qu&rsquo;\u00e9tablit ici Aristote entre le fait qu&rsquo;une chose appartienne au beau et qu&rsquo;elle soit un principe\u00a0? On trouve un \u00e9claircissement sur ce rapport dans <i>M\u00e9taphysique, <\/i>Delta, 1, 1013a22\u00a0: \u00ab\u00a0pour beaucoup de choses le principe de la connaissance et du mouvement, c&rsquo;est le Bien et le Beau\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Et c&rsquo;est en raison de la centralit\u00e9 du concept de n\u00e9cessit\u00e9 qu&rsquo;il sera l&rsquo;objet d&rsquo;un d\u00e9veloppement particulier \u00e0 nouveau dans ce texte. Ce sont trois significations qui sont d\u00e9gag\u00e9es par Aristote dans ce passage. Le n\u00e9cessaire au sens de contrainte et de force, en tant que condition du bien (boire le rem\u00e8de pour ne pas \u00eatre malade), et en tant que \u00ab\u00a0ce en vertu de quoi il est impossible qu&rsquo;une chose soit autrement\u00a0\u00bb. Cette derni\u00e8re d\u00e9finition entre en r\u00e9sonance avec la premi\u00e8re d\u00e9finition du n\u00e9cessaire donn\u00e9e dans le livre Delta, 5, et qui fait du n\u00e9cessaire une condition par distinction de la cause\u00a0: \u00ab\u00a0ce sans quoi, pris comme condition, il n&rsquo;est pas possible de vivre\u00a0\u00bb (1015a). Comment comprendre l&rsquo;absence ici de la d\u00e9finition finale propos\u00e9e par Aristote dans le livre Delta\u00a0?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En effet, il la d\u00e9finit alors, \u00ab\u00a0dans son sens premier et fondamental\u00a0\u00bb comme ce qui a en soi la source de sa n\u00e9cessit\u00e9, ce \u00e0 quoi il ajoute, \u00ab\u00a0Si donc il y a des \u00eatres \u00e9ternels et immobiles rien ne saurait violenter ou contrarier leur nature\u00a0\u00bb (1015b). Cette derni\u00e8re d\u00e9finition permet de mettre en \u00e9vidence que selon Aristote, la premi\u00e8re d\u00e9finition donn\u00e9e du n\u00e9cessaire dans ce livre Lambda, \u00e0 savoir, la contrainte et la force, ne peut pas appartenir \u00e0 la nature du principe moteur immobile. Le rapport d&rsquo;identit\u00e9 \u00e9tabli pr\u00e9c\u00e9demment entre le moteur et le beau (\u00ab\u00a0il est de la nature du beau\u00a0\u00bb) permet \u00e9galement d&rsquo;exclure la deuxi\u00e8me d\u00e9finition comme \u00e9tant ad\u00e9quate \u00e0 l&rsquo;entente de la n\u00e9cessit\u00e9 propre au moteur. Effectivement, la deuxi\u00e8me d\u00e9finition le pose comme <i>condition <\/i>du bien, et non comme de m\u00eame nature, ou identique au bien (traduction Tricot). C&rsquo;est donc seul au sens de ce en vertu de quoi il est impossible qu&rsquo;une chose soit autrement que le n\u00e9cessaire est ici compris.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il s&rsquo;agit \u00e0 pr\u00e9sent pour Aristote de rendre raison du caract\u00e8re divin de l&rsquo;intellect. Apr\u00e8s avoir \u00e9tabli la nature n\u00e9cessaire du dieu, en tant que moteur immobile produisant un mouvement de translation uniforme et \u00e9ternel car circulaire, Aristote cherche \u00e0 rendre intelligible la nature de l&rsquo;acte divin dans son rapport au plaisir, \u00e0 l&rsquo;intellection, et plus g\u00e9n\u00e9ralement par rapport \u00e0 ce qui appartient en propre \u00e0 l&rsquo;homme. C&rsquo;est l&rsquo;occurrence du \u00ab\u00a0pour nous\u00a0\u00bb qui permet de voir que le point de vue adopt\u00e9 par Aristote est diff\u00e9rent de celui de l&rsquo;inf\u00e9rence de la nature n\u00e9cessaire du moteur immobile par le rapport qu&rsquo;entretiennent le mu, le moteur mobile et celui immobile.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Imm\u00e9diatement, il n&rsquo;est plus question du principe lui-m\u00eame mais de ce qui en d\u00e9pend\u00a0: \u00ab\u00a0D&rsquo;un tel principe d\u00e9pendent le ciel et la nature\u00a0\u00bb. Le ciel correspond \u00e0 l&rsquo;espace supralunaire, et la nature \u00e0 celui sublunaire. La nature est le nom donn\u00e9 \u00e0 la mati\u00e8re investie du principe de mouvement (<i>M\u00e9taphysique, <\/i>Delta, 4, 1015a17). Le monde sublunaire est caract\u00e9ris\u00e9 en distinction \u00e0 celui supra lunaire par son imperfection. Au-del\u00e0 de leurs diff\u00e9rences, les deux mondes sont pourtant dans un rapport de d\u00e9pendance \u00e0 la m\u00eame chose, au principe qu&rsquo;est le moteur immobile.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab\u00a0&#8230;nous demandons\u00a0: quel principe\u00a0? afin d&rsquo;aboutir \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 plus connaissable\u00a0\u00bb affirme Aristote en <i>M\u00e9taphysique<\/i>, Z, 16. Il semble que c&rsquo;est suivant cette volont\u00e9 de rendre plus connaissable qu&rsquo;il d\u00e9veloppe une comparaison de \u00ab\u00a0son genre de vie\u00a0\u00bb avec le n\u00f4tre. Ce genre de vie, qui dans son terme grec signifie la contemplation du beau, la fin pratique et l&rsquo;id\u00e9al de toute vie, est caract\u00e9ris\u00e9 par son excellence. La diff\u00e9rence se situe dans la limitation de sa dur\u00e9e pour nous, alors que pour ce principe, il ne cesse pas\u00a0: il est \u00ab\u00a0toujours ainsi\u00a0\u00bb. L&rsquo;origine de cette uniformit\u00e9 dans l&rsquo;excellence, Aristote la situe dans le fait que son acte soit aussi plaisir (\u00ab\u00a0puisque\u00a0\u00bb). Ce qu&rsquo;\u00e9nonce ici Aristote, c&rsquo;est que le lien intime du plaisir et de la vie bonne est valable autant pour les hommes que pour la vie divine. On retrouve cette affirmation centrale \u00e9galement dans <i>Ethique \u00e0 Eud\u00e8me<\/i>, VII, 15, 1154b, Dieu, acte pur et pens\u00e9e de la pens\u00e9e, \u00ab\u00a0jouit perp\u00e9tuellement d&rsquo;un plaisir un et simple\u00a0; car il y a non seulement une activit\u00e9 de mouvement, mais encore une activit\u00e9 d&rsquo;immobilit\u00e9, et le plaisir consiste plut\u00f4t dans le repos que dans le mouvement\u00a0\u00bb. Il s&rsquo;agit ici d&rsquo;une th\u00e9orie du plaisir qui se distingue de celui de Platon (<i>R\u00e9publique<\/i>, IX, 584a), ou d&rsquo;Aristippe pour lesquels le plaisir est un mouvement, une poursuite, alors que pour Aristote, il est dans la possession. L&rsquo;importance de la possession appara\u00eetra \u00e0 nouveau plus loin dans le texte alors que se posera la question du rapport entre la substance et l&rsquo;intelligible.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pour soutenir son propos selon lequel l&rsquo;acte divin est aussi plaisir, Aristote affirme comme \u00e9tant la cons\u00e9quente, que pour nous, l&rsquo;\u00e9veil, la sensation et l&rsquo;intellection \u00ab\u00a0sont les plus grands plaisirs\u00a0\u00bb. Toutes ces modalit\u00e9s de la vie humaine ont pour caract\u00e9ristique d&rsquo;\u00eatre en acte. Elles se distinguent d&rsquo;autres qui, comme le sommeil, sont imparfaites, car seulement une autre activit\u00e9 en puissance. Il les distinguent ici des espoirs et des souvenirs, qui ont la particularit\u00e9 de n&rsquo;\u00eatre des plaisirs \u00ab\u00a0que par leur interm\u00e9diaire\u00a0\u00bb. Ainsi, il semble que par la m\u00e9diation, ces modalit\u00e9s perdent en quantit\u00e9 de plaisir. Le terme \u00ab\u00a0quantit\u00e9\u00a0\u00bb est certainement peu appropri\u00e9 au plaisir, en ce que la quantit\u00e9 se dit de ce qui est divisible, et qu&rsquo;il est peu concevable que le plaisir soit divisible. Don cil y a un rapport de grandeurs diff\u00e9rentes entre des plaisirs distincts.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La phrase suivante propose une articulation entre l&rsquo;activit\u00e9 d&rsquo;intellection et son objet\u00a0: la forme particuli\u00e8re d&rsquo;intellection qui est \u00ab\u00a0par soi\u00a0\u00bb, et l&rsquo;intellection \u00ab\u00a0\u00e0 son plus haut point\u00a0\u00bb, sont n\u00e9cessairement intellection du meilleur. L&rsquo;intellection par soi est cette activit\u00e9 non m\u00e9diatis\u00e9e, dont on a vu qu&rsquo;elle perdait en grandeur de plaisir si elle \u00e9tait m\u00e9diatis\u00e9e, par exemple lorsqu&rsquo;elle rentrait en action dans le souvenir. L&rsquo;imm\u00e9diatet\u00e9 est effectivement un des sens du \u00ab\u00a0par soi\u00a0\u00bb isol\u00e9 par Aristote en <i>M\u00e9taphysique<\/i>, Delta 18,1022a. Ce qui n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;une diff\u00e9rence dans la grandeur du plaisir ressenti dans l&rsquo;acte d&rsquo;intellection se trouve \u00eatre maintenant formul\u00e9 selon la qualit\u00e9 de ce qui est intellig\u00e9. La compl\u00e9tude de l&rsquo;activit\u00e9 qui se tient par elle-m\u00eame et se r\u00e9alise elle-m\u00eame a donc n\u00e9cessairement l&rsquo;objet intelligible le meilleur. La notion \u00ab\u00a0d&rsquo;intellect par soi\u00a0\u00bb est alors pr\u00e9cis\u00e9e par Aristote comme \u00e9tant l&rsquo;intellection par l&rsquo;intellect de lui-m\u00eame. L&rsquo;objet de l&rsquo;intellection ne semble plus \u00eatre le m\u00eame dans l&rsquo;intellection par soi, puisque c&rsquo;\u00e9tait le meilleur par soi, alors qu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent c&rsquo;est l&rsquo;intellect. C&rsquo;est qu&rsquo;Aristote d\u00e9crit \u00e0 pr\u00e9sent ce qu&rsquo;il faut entendre par l&rsquo;acte qui est l&rsquo;intellection par soi. Il appara\u00eet alors une forme de m\u00e9diation manifestement, en ce que \u00ab\u00a0l&rsquo;intellect a l&rsquo;intellection de lui-m\u00eame par&#8230;\u00a0\u00bb quelque chose. Cette chose est \u00ab\u00a0une saisie de l&rsquo;intelligible\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire une saisie de ce que l&rsquo;intellect peut saisir, il ne s&rsquo;agit donc pas d&rsquo;intellection du sensible par exemple. C&rsquo;est donc lorsqu&rsquo;il saisi ce qui est intelligible qu&rsquo;il devient intelligible pour lui-m\u00eame, ce qui am\u00e8ne Aristote \u00e0 \u00e9tablir un rapport d&rsquo;identit\u00e9 entre l&rsquo;intellect et l&rsquo;intelligible. On retrouve cette identit\u00e9 entre le sens percevant et lui-m\u00eame dans la saisie du per\u00e7u, c&rsquo;est-\u00e0-dire une forme de r\u00e9alisation parfaite du sens dans l&rsquo;acte de percevoir dans le <i>De anima<\/i>. L&rsquo;origine de cette id\u00e9e est (\u00ab\u00a0En effet\u00a0\u00bb) que le fait d&rsquo;\u00eatre en acte est ce qui conf\u00e8re son caract\u00e8re divin \u00e0 l&rsquo;intellect. Il comporte sinon une forme d&rsquo;incompl\u00e9tude, ou tel qu&rsquo;Aristote le formule\u00a0: \u00ab\u00a0cet acte, plus que la puissance, est ce que l&rsquo;intellect semble avoir de divin\u00a0\u00bb. Ainsi, l&rsquo;intellect en puissance, c&rsquo;est-\u00e0-dire sans saisi de l&rsquo;intelligible n&rsquo;est pas, ou moins, divin, c&rsquo;est seulement en acte qu&rsquo;il acquiert ce caract\u00e8re. Il est \u00e9tonnant qu&rsquo;il puisse y avoir du plus ou du moins divin, de m\u00eame qu&rsquo;il l&rsquo;est d&rsquo;avoir plus ou moins de plaisir, si ces d\u00e9terminations ont la caract\u00e9ristique d&rsquo;\u00eatre parfaites ou en tout cas, l&rsquo;expression d&rsquo;une forme de perfection. Mais cette gradation dans la perfection m\u00eame se retrouve r\u00e9guli\u00e8rement dans le d\u00e9veloppement d&rsquo;Aristote.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette affirmation selon laquelle l&rsquo;intellect est divin en acte, c&rsquo;est-\u00e0-dire quand il se touche lui-m\u00eame, permet d&rsquo;affirmer que c&rsquo;est dans la contemplation que le plaisir et le bien sont les plus grands. La cons\u00e9quence en est l&rsquo;admiration que doit susciter pour nous le divin, de par sa perfection et le plaisir qui sont chez lui au plus haut point et perp\u00e9tuellement. Dans l&rsquo;admiration il y a la reconnaissance d&rsquo;une absence de commune mesure, alors m\u00eame qu&rsquo;il y a du semblable, ici dans l&rsquo;actualit\u00e9 de l&rsquo;intellect. Il en d\u00e9coule pour Aristote que Dieu est vivant. Vivre c&rsquo;est principalement sentir et penser pour Aristote, et c&rsquo;est pour cette raison qu&rsquo;il est possible d&rsquo;affirmer que Dieu est vivant. C&rsquo;est seulement dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;intellection est une action immanente qu&rsquo;elle est acte du parfait et peut \u00eatre appel\u00e9e mouvement, alors m\u00eame que le mouvement est l&rsquo;acte de l&rsquo;imparfait. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il est possible d&rsquo;affirmer que la vie du Dieu est acte, en ce que l&rsquo;acte n&rsquo;est pas \u00e0 comprendre comme une action transitive mais bien immanente, elle se r\u00e9alise dans l&rsquo;agent lui-m\u00eame et non \u00e0 travers une mati\u00e8re ext\u00e9rieure. Et puisqu&rsquo;\u00eatre en acte abolit toute forme de dur\u00e9e, d&rsquo;un point de vue de la chose consid\u00e9r\u00e9e, \u00eatre en acte signifie \u00eatre sans d\u00e9but ni fin, et donc de dur\u00e9e continue, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e9ternel.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ainsi, Aristote a fond\u00e9 l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, la vitalit\u00e9 et la qualit\u00e9 de meilleur du divin par l&rsquo;actualit\u00e9. C&rsquo;est le fait qu&rsquo;il ne soit que sur le mode actuel qui implique que le divin soit divin et qu&rsquo;il n&rsquo;ait ni d\u00e9but ni fin, alors m\u00eame que les choses telles que le ciel et la nature d\u00e9pendent de lui, et donc qu&rsquo;il agit sur quelque chose. Ceci \u00e9tabli, Aristote peut r\u00e9pondre \u00e0 des th\u00e8ses contraires qui ont motiv\u00e9es la n\u00e9cessit\u00e9 du d\u00e9veloppement de cette argumentation. Ceux qui ont con\u00e7u l&rsquo;origine du beau et du parfait comme se trouvant dans des \u00e9l\u00e9ments (<i>M\u00e9taphysique<\/i>, Alpha, 3) ont commis une erreur qui cette fois est consid\u00e9r\u00e9e du point de vue du niveau d&rsquo;ant\u00e9riorit\u00e9 auquel ils se sont limit\u00e9. L&rsquo;ant\u00e9riorit\u00e9 est toujours sous un mode particulier au sens o\u00f9 il peut y avoir ant\u00e9riorit\u00e9 selon le lieu, le temps, le mouvement, la puissance, l&rsquo;ordre, la connaissance, la nature, etc&#8230; (<i>M\u00e9taphysique<\/i>, Delta, 11). Les causes consid\u00e9r\u00e9es en tant que ce d&rsquo;o\u00f9 proviennent les choses sont les causes mat\u00e9rielles ou formelles, alors que la semence ou l&rsquo;agent, \u00ab\u00a0toutes ces causes sont comme des principes de changement ou d&rsquo;arr\u00eat\u00a0\u00bb et \u00e0 ce titre, sont des causes dites efficientes (<i>M\u00e9taphysique<\/i>, Delta, 2).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Or, selon les philosophes qu&rsquo;Aristote r\u00e9cuse, le beau et le parfait ne se rencontrent que dans les \u00eatres qui d\u00e9rivent de causes. Et ils en concluent que le beau et le parfait ne se trouvent pas dans un principe autre mais sont dans les causes elles-m\u00eames. Cette th\u00e8se ne peut pas \u00eatre soutenable selon Aristote, en ce que les causes efficientes, tel que la semence qu&rsquo;il prend pour illustration, ne contiennent pas la perfection plus que ce qui est ant\u00e9rieur \u00e0 la semence, par exemple, l&rsquo;\u00eatre dont elle provient. Cela lui permet de conclure que la perfection ne se trouve pas dans des \u00eatres ant\u00e9rieurs, mais dans ce qui est parfait. Or, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 plus haut que ce qui est le plus parfait, c&rsquo;est le dieu vivant et \u00e9ternel, principe du commencement du mouvement. Ce dernier argument, qui se fonde sur l&rsquo;exp\u00e9rience de la g\u00e9n\u00e9ration permet de rendre saisissable que l&rsquo;origine de la perfection doive n\u00e9cessairement se trouver dans ce qui est parfait, alors que les causes efficientes ne peuvent \u00eatre parfaites, en ce qu&rsquo;elles-m\u00eames proviennent d&rsquo;autres \u00eatres, qui eux sont parfaits. S&rsquo;arr\u00eater \u00e0 une ant\u00e9riorit\u00e9 telle que la semence, ce n&rsquo;est pas se donner les moyens de saisir la nature du principe, dans ce qu&rsquo;il a de parfait, d&rsquo;\u00e9ternel, et d&rsquo;immuable. Et par cons\u00e9quent, c&rsquo;est situer la perfection dans ce qui est g\u00e9n\u00e9rateur d&rsquo;un mouvement et non du premier mouvement. Et \u00e0 ce premier mouvement revient la perfection ainsi que les autres attributs isol\u00e9s dans le d\u00e9veloppement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Commentaire du texte d&rsquo;Aristote, M\u00e9taphysique, Lambda, 7, 1072b-1073a3 Dans ce texte, Aristote d\u00e9finit ce qu&rsquo;il faut entendre par le premier principe. 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