Liremarx se veut être un portail de diffusion de marxologie et de théorie critique matérialiste. Notre but est de mettre à disposition un aperçu critique, aussi complet et actuel possible, des publications de et sur Marx et Engels, les analyses sur les aspects politiques, philosophiques, économiques, les recherches biographiques sur Marx et Engels, mais surtout des outils permettant la lecture de ces auteurs.

Lire Marx, c’est penser avec et pour ce faire, il est indispensable de se donner les moyens d’accéder à cette pensée, à l’homme qui l’a produite, tout autant qu’aux « circonstances qui l’ont produite ». Lire Marx, ce n’est pas s’en tenir à l’infinitif, sans sujet, ni temps, ni modalité. L’analogie grammaticale, ici filée, ouvre un champ de possibles de lectures, de débats et de luttes.

S’il est nécessaire de dénoncer et de traquer toutes les formes que prend le fétichisme (vitalisation de la représentation de la marchandise, de l’argent, du capital, etc. ; nationalisme, racisme, étatisme, naturalisation des rapports sociaux, un rapport à la nature conçu comme non social, etc.), il est surtout nécessaire de développer des outils pour affiner notre compréhension des mouvements à court et long terme des contractions internes et externes du capital.

Cette compréhension est nécessaire seulement dans la mesure où nous sommes sincèrement convaincus qu’une autre société est possible. Notre « conscience révolutionnaire communiste plonge ses racines dans la perception des causes de l’exploitation capitaliste et des conditions objectives réalisées par le capital lui-même » (Tom Thomas, Conscience et Lutte de classe, Contradictions, 2006, p. 7).

Parmi les nombreuses présentations de l’oeuvre de Karl Marx, nous mettons en particulier l’accent sur la contribution de Michael Heinrich, parce que l’on estime que ses écrits permettent de saisir autant ce que peut dire Marx, que ce qu’est le capitalisme contemporain et ce qu’on peut y faire. Ses travaux sont notamment connus en France grâce à la publication par les éditions Smolny du premier tome de Comment lire le Capital de Marx? (2015), de Ce qu’est le Capital de Marx (Editions sociales, 2017) et récemment du premier tome de la biographie ultime de Marx (Marx et la naissance de la société moderne, Editions sociales, 2019). Les travaux plus polémiques ou plus fondamentaux de Michael Heinrich n’ont pas encore été publiés, ce qui ne saurait tarder.

Il faut dire que cette approche du texte de Marx correspond particulièrement bien à notre lecture résolument non déterministe de celui-ci. Elle est en continuité avec ce qui nous réunit aussi d’un point de vue ‘politique’ : une base anti nationaliste (internationaliste), non léniniste (communisme de conseil) et anti réformiste (révolutionnaire). 

« Les régimes d’oppression et d’exploitation qui se réclamaient du marxisme pour légitimer leur politique ont pour la plupart disparu, mais ils ont laissé dans leur sillage une confusion dans les idées critiques que l’absence de référence directe n’a souvent fait qu’aggraver. Cette confusion touche tout à la fois à la méthode d’exploration du réel (le « mensonge déconcertant » dont parlait Anton Ciliga ayant la vie dure et faisant des rejetons étonnants dans le monde moderne) et à ce que nous pourrions appeler la « mise en perspective » : la capacité à se situer et à se reconnaître dans un processus de transformation sociale à vocation révolutionnaire — bref un authentique projet d’auto-émancipation des exploités, et partant, de l’humanité elle-même.

Nul autre choix à un moment donné de l’action, qu’elles soit revendicatrice ou pas seulement, que de lire Marx. Mais surtout de le lire comme Marx lui-même a toujours écrit — dans un perpétuel état de tension soutenu par d’extraordinaire exigence intellectuelle, alimenté, comme nos luttes, par la confrontation avec d’autres productions, ici un peu plus théoriques dans leur aspect,  mais toujours avec des conséquences pratiques concrètes concernant les modes d’action ou les revendications. »

N’hésitez pas à nous contacter pour avoir de plus amples informations sur qui nous sommes, ou pour contribuer à ce site en écrivant à lmpress[at]riseup.net

Illustration de la bannière: réalisée à partir du travail d’Agathe Rousset, pour Le dernier Marx, Editions de l’Asymétrie, 2019, dont le processus d’élaboration à retrouver sur le site dédié ici. Nous remercions Agathe Rousset de nous avoir donné l’autorisation de réutiliser ce travail remarquable.