Peu avant la fin de la période des transferts en juin 2025, le joueur international allemand Florian Wirtz a quitté le Bayer Leverkusen pour rejoindre le FC Liverpool en Premier League pour un montant total d’environ 116 millions d’euros. Son salaire annuel en Angleterre devrait s’élever à près de 20 millions d’euros.À cela s’ajoutent une commission d’agent de près de 10 millions d’euros et près de 7,5 millions d’euros d’indemnité de formation pour le FC Cologne. Au total, le FC Liverpool a dépensé 480 millions d’euros pour de nouveaux joueurs pendant la période de transfert 2025, se plaçant ainsi en tête de la Premier League anglaise, une ligue dont les clubs ont dépensé ensemble 3,5 milliards d’euros pour de nouveaux joueurs pendant la même période, pour un chiffre d’affaires total de 6,3 milliards d’euros.
Archives de catégorie : Théorie marxiste
Recension de Fabian van Onzen, Service Workers in the Era of Monopoly Capital (Les travailleurs du secteur des services à l’ère du capital monopolistique)
Fabian van Onzen, Service Workers in the Era of Monopoly Capital (Les travailleurs du secteur des services à l’ère du capital monopolistique), Haymarket Books, Chicago, 2022. 220 pp., $25,
ISBN 9781642597967
Recension de Quintus Magnus,
Ce que l’on appelle les emplois dans les services et le commerce de détail peut désigner de nombreux métiers, des agents d’entretien aux baristas, des chauffeurs de bus aux managers, des designers aux archivistes. Cependant, dans la théorie marxiste, la classification des emplois dans les services et le commerce de détail demeure controversée. La controverse principale repose sur deux débats : celui de déterminer si les travailleurs des services et du commerce de détail produisent de la plus-value et celui de déterminer si ce groupe appartient à la classe ouvrière.
Marx lecteur d’Épicure, par Denis Collin
Publié le 17 juin 2011
La thèse de doctorat de Marx sur « La différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et Épicure » est un moment important dans la formation de sa pensée. Ce travail universitaire inachevé permet de souligner le caractère paradoxal de ce que sera le « matérialisme » de Marx.
La critique du néolibéralisme comme cheval de Troie du nationalisme : le cas Quinn Slobodian
La critique du néolibéralisme comme cheval de Troie du nationalisme : le cas Quinn Slobodian
La critique du néolibéralisme est répandue et a bonne presse. Personne à gauche ne paraît véritablement prêt à commettre ce suicide politique que d’émettre des doutes à son sujet. Cette critique du néolibéralisme, on la trouve dans les programmes de divers partis, qui avancent sur le terrain qui est le leur : les leviers de l’État pour améliorer la qualité de vie des citoyennes et des citoyens. Aucun parti n’est prêt à remettre en question les fondations de la maison dont ils demandent les clés. A cela, rien de surprenant. Il est déplorable que leur champ de réflexion et d’action politiques modèle notre vision du monde et notre pratique politique. Quinn Solobodian, chercheur américain depuis peu en odeur de sainteté dans les médias français constitue l’exemple typique de ces producteurs idéologiques renforçant ce cadre au moyen de leur légitimité institutionnelle universitaire. Cet auteur est relayé autant par La Croix, que Contretemps, L’Humanité ou par Romaric Godin à Mediapart.
Marx ? Quel Marx ? par Anders Ramsay (2009)
Marx ? Quel Marx ?, Anders Ramsay, 21 Décembre 2009
Maintenant que le marxisme et mort et enterré, comme on dit, on peut de nouveau lire Marx. Mais pour ce faire, il est nécessaire selon Anders Ramsay de corriger les interprétations antérieures de son œuvre. En particulier celles qui voient la monnaie et le crédit comme des phénomènes superficiels, à partir d’une compréhension naturaliste de la valeur marxienne, la concevant comme étant inhérente à une marchandise. Ce volet du marxisme néglige le rôle contemporain joué par le crédit dans la reproduction du capital.
La production théorique de Marx. Un commentaire des Grundrisse, Enrique Dussel (PDF)
La rupture écologique dans l’œuvre de Marx. Analyse d’une métamorphose inachevée du paradigme de la production (Timothée Haug)
Thèse soutenue en avril 2022.
« Pour paraphraser l’ouverture du Capital, on pourrait dire que la richesse de l’œuvre de Marx se présente à nous comme une immense accumulation d’interprétations. Derrière ce nom, « Marx », on trouve d’abord l’épaisse couche de sens déposée par l’histoire des usages politiques et polémiques que l’on fit de son texte pour orienter les luttes ou fonder la ligne du Parti. On peut distinguer deux grandes stratégies à l’œuvre dans l’ensemble de ces lectures qui contribuèrent à forger l’héritage théorique dans lequel se situe cette recherche. »
Continuer la lecture
André Boetto, MARX ET LA QUESTION DES MACHINES (documents pour une séance du séminaire Marx, 27/11/23)
La pensée de Marx a été souvent associée à une forme de glorification du progrès technique voire de « déterminisme technologique ». Dans cette séance nous proposons de mettre à l’épreuve la validité de cette thèse en retraçant dans ses lignes générales l’évolution du rapport de Marx à la technique des années 1840 jusqu’au Capital.
Recension: Marx’s Ethical Vision de Vanessa Chris Wills (2024)
La question de l’éthique marxienne et dans l’histoire du mouvement ouvrier est centrale. Elle a en particulier été soulevée par des auteurs français, aux antipodes desquels se trouvent Althusser et Rubel. Un livre vient nous apporter une vision particulière, dont on peut cependant d’ores et déjà identifier certains écueils, comme l’importance conférée à la dialectique, ou au matérialisme historique. Ne nous y arrêtons pas et lisons la recension parue sur Marx & Philosophy et rédigée par Sam Ben-Meir.
A-t-on (vraiment) bien lu Engels ? – Christophe Darmangeat
Un billet de Christophe Darmangeat (LaHuttedeclasse) – Avec le titre de ce billet, je paraphrase celui d’un article de Florian Gulli, récemment paru dans la revue La Pensée, et qui propose de revenir sur le livre d’Engels, L’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État. Selon Florian Gulli (dont je profite au passage pour saluer l’intérêt et la rigueur de ses écrits, par exemple sur les questions du racisme ou de l’intersectionnalité), Engels aurait souvent été mal lu, sur deux points essentiels. Le premier est la situation des femmes dans les sociétés préétatiques ; le second concerne les raisons du passage à la patrilinéarité, ce qu’Engels appelle, à la suite de Bachofen, la « défaite historique du sexe féminin ».
Recension: La fin de l’utopie, Herbert Marcuse, 1968
La fin de l’utopie, Herbert Marcuse, 1968
Le livre La fin de l’utopie est un compte rendu d’une série de conférences-débats tenue par Herbert Marcuse à l’Université libre de Berlin Ouest du 10 au 13 juillet 1967.
Une reproduction de l’allocution introductive du philosophe précède les échanges avec les personnes présentes. Parmi eux se trouve notamment Rudi Dutschke, le syndicaliste, mais de nombreuses autres personnalités de la gauche radicale, maoïste ou anti-parlementaire allemande. Il est étonnant de remarquer que l’un des ouvrages cités régulièrement dans les échanges est Le livre des abolitions de Karl Korsch qui vient tout juste de paraître aux éditions de l’Asymétrie.
Variations marxologiques: Kliman vs Heinrich, par Matthijs Krul

Article paru en 2013 sur Notes and Commentaries
Cette note de lecture de 2013 a généré une série de réactions, nous commençons ici à les traduire.
Les annales de l’économie politique marxiste, y compris sa critique, font état d’un grand nombre d’arguments abscons, opaques et carrément distants sur des points de détail. Cela est dû en grande partie à l’habitude persistante des arguments marxistes de prendre la forme de disputes sur le « vrai Marx », sur ce que Marx a « vraiment dit », plutôt que d’être des arguments sur les mérites des théories en tant que telles.
Comment lire le Capital de Marx ?, Michael Heinrich – recension
Recension de Ksenia Arapko1
Dans la préface de la première édition du livre I du Capital, Karl Marx écrit : « En toute science, c’est toujours le début qui est difficile. C’est donc la compréhension du premier chapitre, notamment de la section qui contient l ‘analyse de la marchandise, qui causera le plus de difficulté 2 ». Il n’est donc pas étonnant que face à ce début difficile, Louis Althusser ait, comme il est bien connu, encouragé le premier lecteur à mettre de côté la première section sur « Les marchandises et la monnaie » et à n’y revenir qu’après avoir lu le reste de l’ouvrage. Et même alors, de le faire « avec d’infinies précautions, […], en sachant qu’elle restera toujours extrêmement difficile à comprendre, même après plusieurs lectures des autres sections, sans le secours d’un certain nombre d’explications approfondies 3 ».
Lire les Grundrisse. à propos du livre de David Harvey, A Companion to Marx’s Grundrisse, Verso, 2023.

Les Grundrisse
Dans les écrits portant sur Marx, nombreux sont ceux qui font référence aux Grundrisse, manuscrits de Marx rédigés entre 1857 et 1858. On retrouve ce texte dans la littérature marxiste évoqué par citations, comme on le fait souvent pour les écrits de Marx, mais plus particulièrement avec ses manuscrits non publiés. Ainsi, comme les Manuscrits de 1844, on pioche aisément de ça de là une très belle citation ou formule, qui peut être en soi excellente, il faut le dire. Mais bien souvent ce « syndrôme des manuscrits » comme on pourrait appeler cette tendance au cherry picking, revient à piocher dans un tas de citations sans forcément faire grand cas du statut spécifique du texte, ni de son contexte théorique et critique. Il ne s’agit pas d’affirmer qu’il faudrait gloser plus sur le texte, mais plutôt d’être plus au clair avec ce qu’on y cherche, c’est-à-dire ce qu’on cherche à prouver, à montrer. C’est ce qu’on pourrait appeler l’intention parfois aussi politique, stratégique, elle-même prise dans des rapports sociaux bien contemporains, qui porte l’interprétation du texte.
Edito de la revue PROKLA n°159, 2010
A-M-A’ s’ouvre avec un article de la PROKLA issu de son numéro spécial consacré à Marx en 2010 (vous pourrez trouver des extraits de cet article d’Alex Demirovic ici). Voici ici reproduit une partie de cet édito qui resitue la pertinence d’une réflexion sur Marx dans un contexte qui n’est pas fondamentalement différent depuis 2010.
Le problème de la transformation, ce « caillou dans la chaussure du marxisme », entretien avec Adolfo Rodriguez-Herrera, auteur de Travail, valeur et prix, 2021.
Adolfo Rodriguez-Herrera est actuellement professeur d’histoire de la pensée économique à l’Université du Costa Rica (UCR). En 1994, il défend sa thèse à Louvain-La-Neuve (Belgique) sur l’histoire du problème de la transformation avec dans le jury Bruce Roberts, Suzanne de Brunhoff et Jacques Gouverneur. Si Adolfo Rodriguez-Herrera envisageait initialement une thèse sur le développement dans les pays socialistes (sous la direction de Jean-Philippe Peemans), ce projet devra être abandonné, notamment en raison d’un manque patent de données.
Le livre Travail, valeur et prix. Reprise et clôture d’un débat centenaire (1885-1985) à la lumière des textes marxiens publié dans la collection l’Esprit économique de L’Harmattan en 2021 est une version remaniée de cette thèse. La partie algébrique sur les différentes corrections de la procédure de Marx a été supprimée et deux chapitres ont été ajoutés, l’un sur l’origine de la discussion chez Ricardo et l’autre sur la mesure de la valeur (le temps de travail socialement nécessaire) parce que cet aspect n’avait pas été suffisamment traité dans la littérature alors qu’il est essentiel pour comprendre la relation entre travail, valeur et prix. Si la base du texte est donc un texte de 1994, un travail substantiel a été réalisé pour aboutir à cette version. Le livre a également été publié en espagnol aux Presses universitaires de l’Université nationale du Costa Rica (EDUNA).
Recension : Michael Quante, Der unversöhnte Marx. Die Welt in Aufruhr, Mentis, 2018.

Ce petit ouvrage paru en 2018 aux éditions Mentis est composé de trois articles rédigés par l’auteur pour des revues et des journaux, accompagnés d’une interview de l’auteur réalisée en 2017, ainsi que d’une imposante introduction rédigée à cette occasion. Michael Quante est particulièrement connu en Allemagne pour son édition commentée des Manuscrits de 1844 chez Suhrkamp parue en 2009, ainsi que pour son « Manuel Marx » coédité avec David Schweikhard (Marx Handbuch. Leben – Werk – Wirkung, 2015).
Recension : Terre et capital. Pour un communisme du vivant, Paul Guillibert, éditions Amsterdam, 2021.

L’ouvrage est la thèse de philosophie (remaniée) de Paul Guillibert (université Paris-Nanterre). Dans ce livre, l’auteur entend « actualiser le projet communiste » pour l’adapter à l’urgence climatique en intégrant les non-humains dans l’équation stratégique. Pour cela, il serait nécessaire de se libérer de certains présupposés qui sont associés à la notion de communisme telle qu’elle s’est développée à partir des écrits de Marx, à l’instar du productivisme. Il s’agit pour l’auteur de transformer l’ordre existant en prenant en compte les non-humains, en intégrant les conditions environnementales de l’histoire humaine. L’auteur défend un « communisme vivant » qu’il définit à partir de L’Idéologie allemande comme un mouvement « attentif aux formes immanentes du mouvement réel d’abolition de la valeur » 1. Pour Paul Guillibert, il faut « inscrire à l’agenda du communisme la défense des ‘communs multispécifiques’ » 2. Il entend ainsi tracer une troisième voie entre l’anti-naturalisme des sciences sociales et le naturalisme naïf du retour à la terre.
Recension de Critique de l’économie politique. Une introduction aux trois livres du Capital de Marx de Michael Heinrich par Estela Fernández Nadal

Le texte qui suit est une recension de l’édition espagnole du livre de Michael Heinrich Critique de l’économie politique. Une introduction aux trois Livres du Capital de Marx paru en France en novembre 2021 aux éditions Smolny.
Le livre de Michael Heinrich a le double mérite d’être une médiation permettant d’accéder à l’œuvre-phare de Karl Marx, rédigée dans une langue claire et accessible, et d’en proposer, dans le même temps, une interprétation dense et érudite. Non seulement l’auteur évite les simplifications et les schématismes, mais en outre il pénètre les complexités et les paradoxes de la pensée marxienne qui ont été la source de discussions et de polémiques inépuisables ; enfin, il apporte toujours une position argumentée et fiable, solidement ancrée dans une profonde connaissance des textes de Marx.
Recension : Kohei Saïto, La nature contre le capital. L’écologie de Marx dans sa critique inachevée du capital (Syllepse & Page 2, 2021).
Introduction
Ce livre se présente comme une réponse à la vague de littérature sur l’écologie chez Marx qui a déferlé depuis la fin des années 1990. L’objectif de toute contribution sur l’œuvre de Marx portant sur cette question spécifique consiste à déconstruire l’idée selon laquelle Marx serait productiviste, cultiverait un fétichisme des forces productives, ou bien encore serait « prométhéen » au sens où il aurait « une foi inébranlable dans le progrès allant jusqu’à penser qu’avec le développement de la technologie, l’être humain serait en mesure de manipuler le monde avec de plus en plus d’efficacité et de plus en plus à sa convenance » 1.
Cependant il s’agit aujourd’hui aussi de répondre aux contributions qui se sont justement données pour tâche de déconstruire cette idée, et Kohei Saïto estime que leur point commun est qu’elles cherchent à révéler la nature écologique de la critique marxienne du capitalisme en s’appuyant sur des passages isolés dans l’œuvre de Marx, et donc donnent ainsi l’impression « que celui-ci ne s’occupait de cette thématique que sporadiquement, et non systématiquement » 2. Il s’agit également de répondre à l’idée répandue maintenant dans les recherches marxologiques – et initiée par Alfred Schmidt dans son étude sur le concept de nature chez Marx – que ce dernier aurait simplement repris la théorie du métabolisme de Moleschott 3, ou encore subit l’influence de Ludwig Büchner 4.