
La traduction de Joseph Roy/Karl Marx, absolument à éviter…
La traduction en France du Capital a connu une histoire assez singulière. Marx lui-même a relu cette traduction, disposant de connaissances suffisantes en français, il a pu rectifier les contresens les plus manifestes que Joseph Roy avait fait. Pourtant, tout aussi bon connaisseur du français qu’il ait pu être, la traduction est une discipline littéraire qui entre temps s’est affinée, et améliorée, si bien qu’il a été rapidement évident que, d’un point de vue traductologique, cette traduction souffrait de profondes insuffisances. Elle est cependant encore largement utilisée et répandue comme édition de référence. De nombreux auteurs l’ont pris comme référence, comme Guy Debord, les invitant à des lectures de Marx s’éloignant considérablement de l’intention initiale, qu’il est possible de voir résumée dans le sous-titre: critique de l’économie politique.
En 1871, étant retourné en Italie, Carlo Cafiero devient membre de la Section internationale de Naples et est chargé de la correspondance avec le Conseil général de Londres, et commence un échange régulier de lettres avec Friedrich Engels, alors secrétaire du Conseil général pour l’Italie et l’Espagne. Il prend le parti de Bakounine dans les conflits internes de l’AIT. Suite à l’organisation d’un mouvement insurrectionnel en Italie en 1877, il est envoyé en prison avec ses camarades. C’est là, pendant l’hiver 1877-1878, qu’il entreprend la rédaction d’une version abrégée du Capital pour ses camarades en Italie, alors que personne ne l’a encore lu, le texte n’étant pas traduit en italien.
Cette version du Capital éditée à de nombreuses reprises, a été la première à être disponible en France. Elle a été rééditée en 1975 par les Editions sociales pour la présente version. La qualité de la traduction n’est pas très grande: comme quoi même la participation directe de l’auteur n’est pas une garantie pour sa qualité. En effet, les connaissances de Marx en français aussi bonnes qu’elles aient pu être, n’étaient pas suffisantes pour rendre dans cette langue ce qu’il entendait dire en allemand. La traductologie se développant, les lacunes de cette traduction sont devenues évidentes et ne sont plus controversées.
Début d’un article de
Recension par Chris O’Kane de Michael Heinrich, An Introduction to the Three Volumes of Karl Marx’s Capital
Alain Bihr, La logique méconnue du Capital, 2010.
Vous trouverez sur ce site une comparaison des traductions en français en regard avec le texte allemand, ici du début de la deuxième sous-section du chapitre I du Capital.
Le texte ci-dessous constitue la préface d’un ouvrage récent très intéressant réédité par les Editions Syllepse : Essais sur la théorie de la valeur de Marx (d’Isaac Roubine).
Arbeitsblätter zur Marx-Engels-Forschung Heft 18 Halle(Saale) 1986, ZUR THEORETISCHEN BEDEUTUNG DER „WERTFORM“ IM „KAPITAL“ VON KARL MARX ), Masao Oguro
Zur Methode in Marx’ Kapital unter besonderer Berücksichtigung ihres logisch-systematischen Charakters. Zum „Methodenstreit“ zwischen Wolfgang Fritz Haug und Michael Heinrich, Dieter Wolf, 2008, paru dans Gesellschaftliche Praxis und ihre wissenschaftliche Darstellung. Beiträge zur Kapital-Diskussion. Wissenschaftliche Mitteilung. Heft 6.
Conséquences -Une introduction à la théorie de la valeur de Marx