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Salaire, Prix et Profit, présentation – résumé
Salaire, Prix et Profit, c’est un petit bouquin d’à peine 70 pages qui ne paie pas de mine. Et pourtant, c’est dans les grandes lignes de cet essai que Marx esquisse sa théorie de la valeur : toute la valeur vient du travail. Toute ? Toute ; pas un kopeck ne lui échappe. Certes, mais à quoi ça sert ? A démontrer que le salariat, qui ne rémunère que partiellement le travail, ne se distingue du servage et de l’esclavage que par sa forme historique. Comme mode d’exploitation, il est impossible pour un socialiste de prétendre l’améliorer : la seule alternative est son abolition.
On frétille d’avance de savoir comment Marx parvient en quelques pages à vaincre les démons réformistes et les trade-unions à courte-vue. Ce n’est pourtant pas si compliqué…
Etudes de marxologie – Sommaire
(Études de Marxologie – série S)
Numéros 1 à 19/20 (parus avant 1980)
- N° 1. – F. Perroux, Note. – M. Rubel, Liminaire. – M. Rubel, Les premières lectures économiques de Karl Marx (I). – K . Marx, Extrait des manuscrits économico-philosophiques (1844). – L. Von Bortkiewicz, Essai de rectification de la construction théorique fondamentale de Marx dans le troisième livre du » Capital « . – M. Rubel, Bibliographie marxologique – Théorie économique (I.) (1883-1914). Janvier 1959
Notes critiques sur Friedrich List, 1845, Karl Marx
Ce texte écrit en 1845 n’a pas paru du vivant de Karl Marx. Le manuscrit même en est incomplet, et les éléments qui subsistent n’ont été publiés pour la première fois qu’en 1971. Il s’agit d’une critique du livre de Friedrich List Système national d’économie politique, publié en 18411. Nous publions des extraits de ces notes de Marx2 :
« Les choses les plus utiles, tel le savoir, n’ont pas de valeur d’échange. M. List aurait donc dû comprendre que la transformation des biens matériels en valeurs d’échange est l’œuvre de l’ordre social existant, la société de la propriété privée développée. L’abolition de la valeur d’échange est l’abolition de la propriété privée et du gain privé. En revanche, M. List est assez naïf pour concéder qu’avec la théorie des valeurs d’échange on peut « établir les concepts de valeur et de capital, profit, salaire, rente foncière, les décomposer en leurs éléments et spéculer sur ce qui pourrait influer sur leur hausse et leur baisse, etc., sans pour autant tenir compte des conditions politiques des nations ».
Vers une nouvelle conception de l’organisation, Raya Dunayevskaya, 1958
« Il ne peut y avoir de véritable unification de la théorie et la pratique dans la tradition du marxisme si nous ne faisons pas face avec détermination à 1) la faillite totale de la pensée des actuels partis d’avant-garde, 2) la spontanéité et la maturité du mouvement révolutionnaire en pratique, en théorisation et dans son effort vers une nouvelle société, et si nous ne nous rendons pas compte 3) que ni la répétition constante de la nécessité d’un parti d’avant-garde, ni le rejet en bloc de cette notion ne répondront aux nécessités de notre époque, qui n’est rien moins qu’une nouvelle union de la théorie et la pratique fondée sur le mouvement de la pratique. Une condition sine qua non de cela est que les théoriciens acceptent leurs responsabilités. » Lire la suite
Les théories des crises de Grossmann-Mattick et le programme communiste, par Communisme ou Civilisation
Table des matières du Capital
Matériel pour lire le Capital: Il est important de toujours avoir sous les yeux pendant sa lecture la table des matières, pour avoir un aperçu de la structure d’ensemble, mais surtout s’interroger au cours de sa lecture non pas seulement du développement conceptuel inhérent à chaque chapitre mais aussi dans son articulation avec les autres. (voir à ce sujet, Michael Heinrich, Comment lire le Capital de Marx? p. 43-45.
Karl Marx, Jean-Pierre Lefebvre (transl.)-Le Capital-Quadrige _ PUF (1993) (1)-985-990
Marx et le « marxisme »
Marx et le « marxisme »
Extrait de Critique de l’économie politique, une introduction, traduit par I.J.
Karl Marx (1818-1883) est né à Trèves dans une famille de la petite bourgeoisie intellectuelle, son père était avocat. Marx étudia le droit à Bonn et Berlin, mais surtout la philosophie de Hegel (1770-1831) alors dominante en Allemagne et celle des Jeunes Hégéliens (un groupe radical d’étudiants de Hegel).
Qu’est-ce que le capitalisme ?, extrait de Critique de l’économie politique, une introduction, Michael Heinrich
Extrait de Critique de l’économie politique, une introduction, Michael Heinrich
Traduit par I.J.
Les sociétés contemporaines sont traversées par de nombreux rapports de domination et d’oppression qui prennent différentes formes. On trouve des rapports de genre asymétriques, des discriminations racistes, d’énormes différences en termes de propriété avec une influence sociale correspondante, des stéréotypes antisémites, la discrimination de certaines orientations sexuelles. Quant à déterminer la manière dont ces rapports de domination s’articulent les uns aux autres et en particulier si l’un d’eux est plus fondamental que les autres, cela a fait l’objet de nombreux débats. Si par la suite les rapports de domination et d’exploitation d’origine économique seront au premier plan, ce n’est pas parce qu’ils seraient les seuls « valides ». Par ailleurs, on ne peut pas parler de tous en même temps. Dans la critique de l’économie politique de Marx, il s’agit en premier lieu des structures de la société capitaliste, c’est pourquoi elles sont au centre de cette Introduction. Pourtant, il ne faudrait pas s’abandonner à l’illusion qu’avec une analyse des fondements du mode de production capitaliste tout soit déjà dit au sujet des sociétés capitalistes.
Le marxisme après Marx, Pierre Souyri, 1970
Pierre Souyri, Le marxisme après Marx, 1970
INTRODUCTION
Lorsque, douze ans après Marx, Engels disparaît à son tour en 1895, les hommes qui se considèrent comme leurs héritiers peuvent se sentir portés à l’optimisme. Sans doute de 1848 à 1871 toutes les insurrections ont-elles été écrasées, mais, rétrospectivement, ces défaites peuvent apparaître comme le résultat de l’immaturité des conditions nécessaires au renversement du capitalisme. Un prolétariat peu nombreux, faiblement concentré dans quelques régions industrielles encore rares, socialement hétérogène, politiquement mal éclairé et mal organisé ne pouvait pas alors triompher de l’ordre. Mais à l’orée du XXe siècle, les forces du prolétariat ont grandi au rythme même du développement capitaliste. Tandis que les nations d’Europe et la Russie s’engagent avec plus ou moins de rapidité dans l’industrialisation, que l’Amérique jette les bases de sa puissance future, l’Afrique et l’Asie, submergées par les puissances, sont entraînées dans l’orbite du capitalisme. En même temps que le mode de production capitaliste, le prolétariat tend à s’universaliser, et, en Europe du moins, il est déjà une puissance.
Pour commencer avec Marx et le « marxisme »
Nombreux sont ceux qui entrevoient dans la critique par Marx du mode de production capitaliste une contribution essentielle, puissante. Qui n’en a jamais entendu parler en effet. Mais qu’en est-il exactement? Et puis, par où commencer dans cet immense dédale de textes? Voici l’objet de cette publication, qui vous invite à entrer pas à pas dans l’œuvre de Marx, mais aussi, parce qu’elle a eu une histoire lui étant postérieure, le « marxisme ». Il existe d’innombrables introductions, de qualités extrêmement diverses, nous essayerons d’y voir un peu plus clair aussi dans ces tentatives.
Malgré une pensée qui n’est pas encore aboutie sur certains points, il est incontournable de commencer par la lecture du Manifeste communiste.
Pour resituer Marx dans ce qui en a été fait par la suite, et qui est rassemblé sous la dénomination de « marxisme », nous vous invitons à lire cette excellente contribution de Pierre Souyri « Le marxisme après Marx« .
Ce court texte de Michael Heinrich revient sur la pertinence d’un retour à la lecture de Marx.
La spécificité de Marx est bien d’avoir produit une analyse extrêmement poussée du mode de production capitaliste. Pour commencer, voici donc une présentation simplifiée de ce qu’est le capitalisme par Michael Heinrich.
Vers la critique de l’économie politique
De son vivant, Marx n’a publié que le premier livre du Capital, il n’a pas terminé les deux autres, et ils furent édités par Friedrich Engels après la mort de Marx sur la base de ses manuscrits. Puisque le Capital est un fragment, de nombreux textes sont utilisés dont la plupart n’étaient pas publiés ni finis. Puisque Marx a eu une évolution particulière, qu’il a révisé ou changé certaines de ses conceptions, il est nécessaire de mettre en perspective tous ses écrits par rapport à la phase dans laquelle ils ont été produits. L’aperçu suivant sur les textes les plus importants touchant à la critique de l’économie se propose de donner les premiers éléments pour pouvoir s’orienter.
Manuscrits économico-philosophiques (dits Manuscrits de 1844 ou de Paris), 1844 ( MEW 40; MEGA I.Abt., Bd.2). Non publiés, non terminés, et auxquels Marx n’a pas donné de titre, ont été publiés pour la première fois en 1932. Marx s’y trouve fortement sous l’influence de la philosophie de « l’essence humaine » de Feuerbach, avec laquelle ce dernier critiquait la philosophie et la religion. Marx applique cette critique à l’économie : dans le capitalisme, les hommes sont « aliénés » (entfremdet) de leur véritable essence humaine, le communisme est l’abolition (Aufhebung) de cette aliénation. Marx critique ce qu’on appelle l’économie nationale en ce qu’elle considère cet état d’aliénation comme étant naturel, elle n’est par conséquent une science qu’au sein de cette aliénation.
Pour aller plus loin : écouter cette conférence (2h) qui permet de saisir la portée et la puissance du geste philosophique de Marx dans ces manuscrits.
Thèses sur Feuerbach (1845), L’idéologie allemande (1845/46) (MEW 3). Manuscrits non publiés du vivant de Marx, les Thèses sur Feuerbach seront publiés en 1888 et l’Idéologie allemande en 1932. Dans les deux textes, la philosophie (de Feuerbach) de l’essence humaine est critiquée, « l’essence » et « l’aliénation » sont pris pour des constructions philosophiques, et en tant que telles, rejetées. A leur place, ce sont les rapports économiques réels, forces productives et rapports de production, qui doivent être analysés. Quant à savoir si avec ce manuscrit il y a lieu une rupture avec la philosophie de l’essence, ou si Marx a par la suite encore une représentation bien précise de l’essence humaine et de l’aliénation, cela fait l’objet de vives discussions.
Articles dans la les Annales franco-allemandes:
Le manuscrit de Kreuznach
L’Idéologie allemande
Il existe de nombreuses introductions à Marx, nous en faisons la recension dans l’onglet « Introductions à Marx ».
Zur Entstehungsgeschichte des Marxschen Kapital, Der Rohentwurf des >Kapital< von 1857-58, Roman Rosdolsky, 1969
Zur Entstehungsgeschichte des Marxschen >Kapital<. Der Rohentwurf des >Kapital< 1857-58, Roman Rosdolsky, lire le pdf
Roman Rosdolsky, The making of Marx’s Capital, vol. 1
Oeuvre essentielle sur la genèse du Capital, en version anglaise, le volume 1, publié en 1977 chez Pluto Press. Lire le pdf.
Critique de l’économie politique (1859)
Critique de l’économie politique (Zur Kritik der politischen Ökonomie) est un ouvrage de Karl Marx publié en 1859.
Références:
Karl Marx, Œuvres I – Économie I, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, p. 269 à 452, traduction par M. Rubel et L. Évrard
Grundrisse (1857-1858)
Au sujet des Grundrisse
Ecrits en 1857 et 1858, ces manuscrits furent publiés pour la première fois en 1939 et ne connurent pas de renommée plus large avant la fin des années 60 et le début des années 70.
« le fond général de sa critique de la modernité capitaliste, ainsi que la nature et la signification des catégories fondamentales de sa critique y apparaissent très clairement. Le Capital est plus difficile à déchiffrer et sa lecture peut mener à des incompréhensions tant il est structuré comme une critique immanente – une critique amorcée à partir d’un point de vue immanent à son objet d’investigation. Pour cette raison, ses catégories peuvent être incomprises et perçues comme positives plutôt que critique. », Moishe Postone, Repenser Le Capital à la lumière des Grundrisse (lien).
The theory of political economy, William Stanley Jevons, 1871/1888
La question charbonnière de William Stanley Jevons, Michel Robine, 1990 [ARTICLE]
La question charbonnière de William Stanley Jevons, Michel Robine, 1990
« Aux yeux de Jevons, l’épuisement des ressources charbonnières et ses conséquences économiques ressemblent au mécanisme décrit par Edward West, Malthus et Ricardo : une consommation croissante contrainte par des ressources fixes exploitées à rendements décroissants. Ayant exposé les conclusions des auteurs précédents, il montre qu’elles doivent être coordonnées et complétées. Les géologues indiquent que les réserves de houille sont limitées, et en donnent une estimation probable. La consommation de charbon suit une exponentielle, forme nécessaire de toute croissance non contrainte. Les rendements décroissants des mines de houille anéantiront bientôt la suprématie britannique. Tel est le thème de l’ouvrage, accueilli par des éloges de John Stuart Mill et du chancelier de l’Échiquier Gladstone. Ils avaient vu l’intérêt de ce livre, et ses conséquences politiques.
Au sujet des catégories de « forme phénoménale », d' »essence » et d' »apparence » dans le Capital, Michael Heinrich [EXTRAIT]
Au sujet des catégories de « forme phénoménale », d' »essence » et d' »apparence » dans le Capital, extrait de Comment lire le Capital de Marx? de Michael Heinrich (p. 64-65).
Raphaële Chappe: Rosa Luxemburg: The Accumulation of Capital 100 Years Later + transcription/traduction en français
Raphaële Chappe: Rosa Luxemburg: The Accumulation of Capital 100 Years Later,
Recorded at: Second International Marxist-Feminist Conference, Academy of Fine Arts Vienna On: 8th October 2016.
Ci-dessous la transcription en français de la conférence.
Compte rendu: Christophe Darmangeat, Le Profit déchiffré. Trois essais d’économie marxiste, 2016
Un compte rendu de Jean-Guillaume Lanuque (suivi d’un entretien avec Christophe Darmangeat) paru sur le site dissidences
Le premier des trois essais est également le plus long et le plus intéressant. Il est consacré au mystère du profit, ou pourquoi une marchandise réussit à valoir plus que la valeur des éléments qui ont concouru à son élaboration. Débutant par des rappels bien utiles, sur le capital fixe et circulant, sur le salaire direct ou socialisé (à ce sujet, Christophe Darmangeat rejette la distinction illusoire entre cotisations patronales et salariales), il part du postulat selon lequel le profit, sous toutes ses formes, n’est que l’autre nom du revenu de la propriété. Les calculs qu’il propose tendent à évaluer la répartition de la valeur ajoutée, en France, à 75% pour les salaires et 25% pour le profit. Lire la suite
